La crise migratoire de Sebta commence à toucher le tourisme au Maroc
Un voyage au Maroc prévu en décembre pour quinze Espagnoles vient d’être annulé. Effrayées par la crise migratoire de Sebta, les participantes ont préféré renoncer, tandis que plusieurs agences de Saragosse constatent un ralentissement des réservations vers le royaume.
La crise de Sebta produit ses premiers effets sur le tourisme au Maroc. À Saragosse, une agence préparait un circuit pour quinze femmes âgées de 55 à 70 ans. Le voyage devait avoir lieu en décembre, mais l’inquiétude des clientes a conduit à l’annulation du projet.
« Beaucoup m’ont appelée parce qu’elles étaient préoccupées par la situation politique. Elles étaient nerveuses et avaient peur de partir », explique Elisa Molina, directrice de l’agence, à Aragón Digital.
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Le circuit prévu ne devait pourtant pas s’approcher de Sebta ni de la zone frontalière. Cela n’a pas suffi à rassurer les voyageuses. Face aux désistements et aux craintes exprimées, l’agence a finalement annulé l’ensemble du séjour, y compris les réservations aériennes.
Les agences espagnoles attendent le 20 septembre
Le cas ne permet pas de conclure à une vague nationale d’annulations. Il constitue néanmoins un premier signal dans le secteur touristique aragonais. D’autres agences interrogées affirment que la demande pour le Maroc est actuellement « un peu à l’arrêt » et que certaines opérations de promotion avec leurs partenaires marocains ont été mises en suspens.
« Nous attendons tous de voir ce qui se passera le 20 septembre », confie un professionnel à El Español. Cette date est associée à de nouveaux appels diffusés sur les réseaux sociaux autour de Sebta et Melilla, dont la portée réelle demeure difficile à mesurer.
La prudence des agences intervient après les passages massifs enregistrés les 30 et 31 juillet. Les services espagnols, qui avaient d’abord identifié environ 2 000 candidats à la traversée, ont finalement comptabilisé 72 000 passages. Madrid avait également prévenu les services marocains dès la veille de l’afflux.
Les conclusions espagnoles sur les responsabilités restent contradictoires. Un rapport de la Police nationale a accusé des agents marocains d’avoir facilité les déplacements vers la frontière, tandis qu’une analyse distincte de la Guardia Civil n’a trouvé aucune preuve reliant la mobilisation numérique au gouvernement marocain. L’enquête judiciaire se poursuit.
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Sebta elle-même subit déjà un contrecoup touristique beaucoup plus important. Selon un rapport de sa Chambre de commerce cité par la presse espagnole, 90 % des voyages prévus dans la ville pour la fin de l’été auraient été annulés.
Pour le royaume, l’impact reste donc limité à ce stade : un circuit de quinze personnes annulé et un ralentissement signalé par des agences de Saragosse. Mais l’épisode montre que la crise frontalière commence à modifier la perception de certains voyageurs espagnols, y compris lorsque leur séjour doit se dérouler loin de Sebta.