Deux diplômes et un master : cet Italien d’origine marocaine défie la brigade « anti-maranza »

- 15h00 - Monde - Ecrit par : Said A.

En Italie, Adam Atik, responsable associatif d’origine marocaine, conteste la création d’une unité municipale « anti-maranza » à Ferrare. Titulaire de deux diplômes universitaires et d’un master, il dénonce une appellation qui, selon lui, risque de désigner certains jeunes comme suspects en raison de leur origine.

« Je suis de Ferrare, d’origine marocaine, avec deux diplômes et un master. » Adam Atik, 30 ans, choisit de rappeler son propre parcours pour répondre à la municipalité de Ferrare, dans le nord de l’Italie. Né à Cento, dans la province, il préside l’association Cittadini del Mondo, engagée depuis plusieurs décennies dans l’accompagnement des populations issues de l’immigration.

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Sa prise de position intervient après l’annonce, le 22 octobre, d’une unité baptisée « Nucleo Anti Maranza » (NAM). Le maire Alan Fabbri veut mobiliser policiers municipaux, psychologues, travailleurs sociaux, juristes et spécialistes de la sécurité pour lutter contre les violences et les comportements agressifs de certains jeunes.

Mais c’est précisément le nom choisi qui provoque la colère d’Adam Atik. Dans une tribune publiée ce lundi 2 novembre par Estense, il estime que le terme « maranza » ne désigne pas une infraction, mais une catégorie de jeunes souvent associés à l’immigration.

La polémique a été alimentée quelques jours auparavant par le député italien Igor Iezzi. Interrogé sur l’origine du mot, cet élu de la Ligue avait évoqué une possible contraction de « marocchino », Marocain en italien, et de « zanza », un terme d’argot désignant un escroc. Cette étymologie reste contestée.

« Aucun jeune ne doit être suspect à cause de son nom »

Pour Adam Atik, le problème dépasse les mots. Il affirme que Ferrare est passée de la quatrième à la 91e place dans un classement italien consacré aux dépenses sociales pour les familles et les mineurs. À ses yeux, la municipalité devrait consacrer davantage de moyens aux éducateurs, au sport et aux lieux d’accueil des jeunes.

Il cite notamment la situation de son association, Cittadini del Mondo. Après plus de trente ans d’activités de soutien scolaire et de cours gratuits d’italien dans un local proche du centre, elle a dû quitter les lieux l’an dernier. La mairie lui aurait proposé un nouvel espace situé à quatre kilomètres et demi.

Le maire défend une autre approche. Dans son communiqué officiel du 22 octobre, Alan Fabbri présente l’unité comme une réponse aux inquiétudes des familles et des commerçants, associant prévention, accompagnement social et interventions de police.

Ancien candidat aux élections municipales de 2024, Adam Atik réclame le retrait du projet et la réaffectation de ses moyens à des programmes éducatifs. Il demande notamment l’ouverture des écoles, des équipements sportifs et des espaces publics en dehors des horaires habituels.

Dans sa tribune, il termine par un avertissement : aucun jeune de Ferrare ne devrait être considéré comme suspect à cause de son nom de famille ou de son apparence.