Il dort dans un garage à Sebta, sa mère vient du Maroc pour lui apporter à manger et laver son linge

- 00h00 - Espagne - Ecrit par : L.A

À Ceuta, un jeune homme paie 200 euros par mois pour dormir dans un garage. Sa mère a fait le déplacement depuis le Maroc pour lui apporter des provisions et s’occuper de son linge. Une scène de solidarité familiale racontée par la presse espagnole.

Il dort dans un garage depuis qu’il a franchi la frontière de Ceuta. Pour retrouver son fils, sa mère est venue spécialement du Maroc. Elle est passée le chercher dans la matinée, lui a acheté de quoi manger, puis l’a accompagné dans une laverie automatique avec deux gros sacs. Le quotidien espagnol El País raconte leur rencontre dans un reportage publié ce dimanche 11 octobre.

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Dans la laverie, la mère prend les choses en main. Elle écarte son fils des machines, s’occupe des vêtements et le réprimande en découvrant une tache de graisse sur un tee-shirt. Le jeune homme la laisse faire. Les deux échangent des gestes affectueux, sous le regard des autres clients.

Le prix de son hébergement, 200 euros mensuels pour une place dans un garage, illustre les difficultés rencontrées par les migrants restés à Ceuta. Certains paient pour dormir dans des locaux improvisés. Début octobre, une affaire judiciaire avait déjà révélé des paiements exigés de migrants pour leur hébergement.

Une laverie où policiers et migrants se retrouvent

Le commerce où se rendent la mère et son fils accueille une clientèle inhabituelle depuis les arrivées massives de migrants de fin juillet. Des policiers espagnols envoyés en renfort y croisent des personnes qui dorment dans la rue ou sur les plages. Tous viennent pour la même raison : laver leurs affaires.

Ahmed, qui passe ses nuits sur la plage du Trampolín, apporte ainsi presque tout ce qu’il possède, y compris sa couverture et son oreiller. Au moment de payer, il lui manque un euro. Un autre migrant lui donne la pièce nécessaire. Un jeune policier s’apprêtait lui aussi à l’aider.

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Le propriétaire de cette laverie connaît bien les deux langues parlées par ses clients. Né à Fès et installé à Ceuta depuis son enfance, il échange aussi bien en darija qu’en espagnol. Il intervient notamment pour rappeler qu’il est interdit de mettre des chaussures dans les sèche-linge, une règle enfreinte aussi bien par des policiers que par des migrants.

Au milieu de ces rencontres, le commerçant lâche une phrase rapportée par El País : « La faim ne traverse pas les frontières. » Un constat qui résonne particulièrement avec la visite de cette mère venue du Maroc, les bras chargés de nourriture pour son fils.