Il rêvait des podiums européens, à 17 ans ce Marocain dort dans une voiture à Sebta
Il voulait devenir mannequin en Europe. À 17 ans, ce Marocain originaire de Tétouan a franchi la frontière de Sebta avec de grands espoirs. Deux mois plus tard, il dort dans une voiture, après avoir connu la rue, les agressions et les nuits payantes dans un garage.
Quinze euros par nuit pour dormir dans un garage. C’est le prix qu’a d’abord payé cet adolescent marocain, avec deux autres mineurs, après son arrivée à Sebta fin juillet. À court d’argent, il a dû quitter les lieux. Depuis, il cherche chaque soir un endroit où passer la nuit. Début octobre, il avait trouvé refuge dans une voiture avec d’autres jeunes Marocains, raconte l’agence américaine Associated Press, qui l’a rencontré sur place.
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Avant son départ, le garçon travaillait avec son père, boucher à Tétouan. Diplômé du lycée, il estimait avoir peu de perspectives professionnelles au Maroc. Son rêve était de devenir mannequin en Europe. Il pensait que les difficultés de son arrivée ne dureraient que deux ou trois semaines. Sa famille, restée au pays, l’encourage à poursuivre son projet malgré les conditions dans lesquelles il vit.
Deux mois dans la rue, entre agressions et peur du retour
La réalité est autrement plus difficile. Le jeune Marocain affirme avoir été agressé à deux reprises par des personnes qui tentaient de le voler. Il évite désormais certains endroits et redoute surtout les contrôles policiers. Être renvoyé au Maroc signifierait, pour lui, la fin de son rêve européen.
Son témoignage intervient alors que des centaines de mineurs étrangers attendent toujours une prise en charge à Sebta. Certains dorment sur des cartons ou des canapés abandonnés, dans des campements improvisés. D’autres se cachent dans les rues de la ville. La législation espagnole leur garantit pourtant un accès à l’hébergement, aux soins et à l’éducation.
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Le garçon s’est régulièrement rendu au campement de la plage du Trampolín pour récupérer de la nourriture distribuée par la Croix-Rouge. Il a également participé à des rassemblements de mineurs réclamant une place dans un centre d’accueil. Lorsque la police a commencé à évacuer le camp début octobre, certains adolescents ont obtenu un hébergement. Lui n’était pas présent ce jour-là.
Depuis, il se fait discret, craignant un retour forcé au Maroc. « C’est la première fois que je me sens épuisé depuis mon arrivée », confie-t-il à l’Associated Press. Deux mois après avoir franchi la frontière, il attend toujours de pouvoir quitter la rue.