Des drones militaires pour le Maroc : les Pays-Bas ont examiné le risque d’une utilisation au Sahara
Avant d’autoriser la vente de deux drones navals au Maroc, le gouvernement néerlandais a examiné le risque de les voir utilisés dans le conflit du Sahara. La Haye a finalement donné son feu vert, jugeant un tel scénario peu probable.
Les Pays-Bas ont passé au crible l’utilisation que pourrait faire la Marine royale des deux navires militaires autonomes achetés pour 13 millions d’euros. Une attention particulière a été portée au Sahara et à l’éventualité que ces équipements puissent servir dans cette partie du Maroc.
Cette analyse apparaît dans une lettre du gouvernement néerlandais adressée à la Tweede Kamer, datée du 13 juillet. Le document détaille les raisons ayant conduit La Haye à délivrer la licence d’exportation à une entreprise néerlandaise.
Les autorités néerlandaises rappellent que le Maroc exerce de fait son autorité sur une grande partie du Sahara occidental et que les Forces armées royales y sont présentes. Elles mentionnent également des activités de la Marine royale dans les eaux du territoire.
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Mais pour La Haye, cette présence ne constitue pas en elle-même un indice laissant penser que les deux navires autonomes seront utilisés pour « imposer par la force » des revendications territoriales.
Le Polisario pris en compte dans l’évaluation
Le gouvernement néerlandais s’est également penché sur les affrontements avec le Front Polisario. Il estime que les confrontations restantes sont limitées à des accrochages de faible ampleur à l’intérieur des terres et qu’elles ne comportent pas de véritable composante maritime.
C’est l’un des arguments avancés pour conclure qu’une utilisation de ces équipements dans le conflit est peu vraisemblable. La Haye souligne aussi l’absence de conflit maritime entre États ou de revendications territoriales concurrentes en mer susceptibles d’augmenter le risque lié à cette exportation.
Les caractéristiques mêmes des deux drones ont pesé dans cette décision. Ils sont conçus en priorité pour des missions défensives de lutte contre les sous-marins et les mines marines. Leur configuration est tellement spécialisée que leur emploi pour d’autres missions nécessiterait, selon les autorités néerlandaises, des modifications techniques importantes.
Une éventuelle installation d’armes ne changerait pas cette appréciation : le gouvernement précise qu’elles seraient destinées à la protection des plateformes et à l’exécution de leurs missions anti-sous-marines et anti-mines, et non à leur donner une capacité offensive générale.
Le document livre également l’appréciation politique de La Haye sur le Royaume. Le Maroc y est présenté comme un « partenaire de sécurité stable et stratégique » dans une région instable. Les Pays-Bas considèrent avoir intérêt à disposer d’un Maroc stable et fiable à la frontière sud de l’Union européenne.
Le Royaume joue notamment, selon le gouvernement néerlandais, un rôle important dans la lutte contre la migration irrégulière sur la route reliant l’Afrique de l’Ouest aux îles Canaries. La lettre précise toutefois que les deux drones navals ne sont pas adaptés à ce type de mission.
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La Marine royale doit utiliser ces nouveaux équipements pour améliorer ses capacités de détection des sous-marins et de neutralisation des mines. Le Maroc dispose déjà de bâtiments équipés de sonars et cherche parallèlement à combler son retard dans le domaine des sous-marins.
Après avoir examiné huit critères européens applicables aux exportations d’armement, dont celui relatif à la stabilité régionale, le gouvernement néerlandais a finalement conclu qu’il n’existait pas de risque clair que ces deux drones soient employés pour une agression extérieure ou pour imposer des revendications territoriales par la force.