Des entreprises locales attirent les expatriés

- 12h55 - Maroc - Ecrit par : L.A

Le Maroc est devenu, depuis quelques années, une terre d’accueil pour des milliers de migrants provenant essentiellement de l’Afrique subsaharienne. Se lassant d’attendre l’occasion de passer vers ‘’l’eldorado européen’’, ces derniers finissent par s’installer au Maroc. Les quartiers Oulfa à Casablanca et L’youssofia à Rabat abritent un grand nombre des cette population étrangère.

Cependant, malgré la difficulté qu’éprouvent ces migrants à trouver du travail, certains parmi eux arrivent tout de même à s’en sortir. Le secteur de l’offshoring, dont l’activité connaît un boom depuis quelques années, offre des opportunités d’emploi, notamment aux étrangers. Les centres d’appels, qui se développent comme des champignons à travers le pays, emploient un grand nombre d’étudiants et migrants subsahariens. Le hic, c’est que la législation marocaine prévoit un certain nombre de procédures à remplir avant d’embaucher un étranger. Et souvent, les employeurs ne respectent pas les dispositions du code du travail.

En vertu de la législation actuellement en vigueur, tout employeur désireux de recruter un étranger doit obtenir une autorisation de l’autorité gouvernementale chargée du travail. Cette autorisation est accordée sous forme de visa apposé sur le contrat de travail.

Et toute modification du contrat est également soumise au visa précité. Cette autorisation peut être retirée à tout moment par l’autorité gouvernementale chargée du travail. Néanmoins, des inspecteurs du travail relèvent souvent des dépassements lors des visites d’inspection. "Un collègue avait effectué quelques semaines auparavant une visite de contrôle dans un call-center. Il a constaté la présence sur place d’une dizaine de Subsahariens, en majorité des étudiants. Ces derniers n’avaient pas de contrat de travail. C’est ainsi qu’ils ont été suspendus sur place", déclare un inspecteur du travail de la délégation de Casa-Anfa.

En effet, le contrat de travail réservé aux étrangers doit être conforme au modèle fixé par l’autorité gouvernementale chargée du travail. Pour un Marocain ou un étranger, le travail dans un des centres d’appels ne nécessite guère des qualifications précises ou un diplôme quelconque.

C’est pour cette raison que les étudiants subsahariens ainsi que des immigrés trouvent facilement un emploi dans ces structures. "Outre le visa de l’autorité chargée du travail, l’employeur doit également demander une autorisation provenant de l’ANAPEC attestant que le profil n’existe pas sur le marché marocain. Néanmoins, il existe une exception concernant les ressortissants de certains pays qui peuvent travailler au Maroc sans avoir besoin de l’attestation de l’ANAPEC. Il s’agit notamment des Sénégalais, des Algériens et des Tunisiens", souligne Abdessamad Drissi, inspecteur du travail.

En effet, la loi marocaine prend en considération les dispositions des conventions internationales multilatérales ou bilatérales relatives à l’emploi des salariés marocains à l’étranger ou des salariés étrangers au Maroc et autorise donc des exceptions.

Si le secteur des l’offshoring emploie un grand nombre d’étudiants et des immigrés africains, le secteur hôtelier, lui, attire d’autres nationalités. Il n’est pas rare de trouver des étrangers originaires de l’Inde ou du Vietnam travaillant dans des restaurants ou des hôtels dans les quartiers huppés des villes marocaines.

Souvent, ces personnes sont des proies pour des employeurs peu scrupuleux. Ces derniers font travailler des personnes en situation irrégulière pour des rémunérations modiques exploitant ainsi leur situation. Le code du travail au Maroc ne prévoit pas de sanctions sévères à l’encontre des employeurs qui embauchent des étrangers sans respecter les lois en la matière.

Ainsi, le code prévoit des amendes allant de 2.000 à 5.000 dirhams pour tout employeur qui n’a pas obtenu l’autorisation prévue par le code ou qui a recruté un étranger dépourvu de cette autorisation. Les employeurs qui engagent un étranger dont le contrat n’est pas conforme au modèle prévu par la loi ou qui enfreint les dispositions des articles du code du travail, vont écoper d’une amende.

Au moment où le Maroc accueille de plus en plus d’étrangers, il est plus que nécessaire de ‘’repenser’’ les lois et les réglementations de façon à garantir aux ressortissants étrangers tous les droits leur permettant de mener une vie digne.

Emploi des migrants

Le Service de l’emploi des migrants (SEM) est chargé, au sein du ministère de l’Emploi, conformément à ses attributions et ses missions, des ‘’contrats de travail à l’émigration’’ pour les nationaux, des ‘’contrats de travail à l’immigration’’ pour les étrangers (premier établissement et renouvellement) et les demandes de maintien en service des salariés nationaux ou ceux étrangers qui ont atteint la limite d’âge.

Pour embaucher un ressortissant étranger au Maroc, c’est une véritable machine bureaucratique qui est enclenchée. Ainsi, pour un contrat de travail conclu pour la première fois, l’employeur doit fournir un dossier contenant les diplômes ainsi que les compétences nécessaires du ressortissant étranger. Il doit également recevoir de la part de l’Agence nationale de la promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) une attestation démontrant l’absence de profil marocain pouvant occuper le poste destiné au demandeur d’emploi étranger. Les autorités marocaines chargées du travail ont établi une liste des étrangers dispensés de l’autorisation de l’ANAPEC.

Il s’agit tout d’abord des conjoints des citoyens marocains, les personnes nées ou ayant résidé au Maroc pendant une période de 6 mois au minimum, les gérants, les cogérants et les actionnaires de sociétés.

Les footballeurs, les artistes et les P-DG ou DG d’entreprises sont également exemptés de cette autorisation. Enfin, les experts dans le cadre d’une expertise technique et les personnes détachées au Maroc par l’entreprise-mère pour une durée limitée de 2 à 3 années peuvent exercer sans fournir l’autorisation de l’ANAPEC.

Le Matin - Mohamed Badrane

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