L’Espagne craint une « Marche verte » du Maroc sur Sebta et Melilla

- 21h00 - Espagne - Ecrit par : P. A

Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche inquiète l’Espagne qui redoute un soutien du président américain au Maroc qui ne cesse de revendiquer les enclaves de Sebta et Melilla, ainsi que des îles et rochers espagnols.

Alors que le retour de Trump au pouvoir a été salué par le Maroc qui attend beaucoup du nouveau président américain, notamment qu’il tienne sa promesse d’ouvrir un consulat à Dakhla, dans le Sahara marocain, et renforce la coopération militaire, les milieux militaires et sécuritaires espagnols s’inquiètent de la bonne entente entre Rabat et Washington, analyse El Español. Ces derniers craignent que Trump reconnaisse la souveraineté du Maroc sur Ceuta et Melilla, comme il avait reconnu la marocanité du Sahara en décembre 2020, à la fin de son précédent mandat, rappelant que les deux villes autonomes ne sont pas sous l’égide de l’OTAN.

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Les experts sécuritaires espagnols évoquent l’éventualité d’une « nouvelle Marche verte avec le soutien de Trump », notant que les déclarations de Trump qui envisage de prendre le Groenland et le canal de Panama ne sont pas de nature à rassurer. Ils mettent aussi en avant le manque de sympathie clairement affiché du nouveau président américain envers Pedro Sanchez. En plus de qualifier de « très faibles » les dépenses militaires de l’Espagne, Trump a menacé d’imposer des « tarifs douaniers à 100 % » à la péninsule ibérique et au groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Le nouveau président américain n’a pas non plus contacté Sanchez après son élection.

En revanche, les liens entre Rabat et Washington se sont renforcés depuis que Trump a reconnu en 2020 la souveraineté du Maroc sur le Sahara. « Cette position historique, pour laquelle le peuple marocain continuera à être reconnaissant au président américain, représente un événement important et un tournant, et reflète véritablement la profondeur des liens bilatéraux distingués et historiques, et promet des perspectives plus larges pour le partenariat stratégique entre les deux pays, dont la portée ne cesse de s’élargir », a déclaré le roi Mohammed VI dans son message de félicitation à Trump après son élection.

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Parallèlement, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a échangé au téléphone avec Nasser Bourita, le ministre des Affaires étrangères marocain. Le Maroc a également publié un communiqué, soulignant le « partenariat stratégique maroco-américain ». Au plan économique, les échanges commerciaux entre les deux pays ont plus que quadruplé. L’accord de libre-échange signé en 2004 entre les deux pays « reflète un partenariat fort qui peut servir de catalyseur pour la croissance et l’inclusion économique en Afrique », développe le think tank américain The Washington Institute for Near East Policy.

Le chef d’état-major interarmées américain, le général CQ Brown, et l’inspecteur général des forces armées royales marocaines, le général Mohammed Berrid, ont récemment réaffirmé leur engagement à renforcer la coopération bilatérale en matière de sécurité dans les régions du Maghreb et du Sahel. Par ailleurs, le Maroc a progressivement augmenté son budget militaire au cours de la dernière décennie. Une bonne partie a servi à acheter des armes de pointe auprès de son partenaire privilégié. Le budget militaire de 2025 du Maroc est de plus de 12 milliards d’euros, en hausse de 7 % par rapport à 2024.

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