Les étudiants étrangers boudent le Canada
Victime de nouveaux quotas migratoires, le Canada voit ses campus se vider. En 2026, Ottawa ne délivrera que 155 000 permis d’études, deux fois moins que l’an dernier. Un tour de vis qui plonge les universités dans une crise sans précédent.
En janvier 2024, le gouvernement fédéral a instauré un plafond pour limiter la pression sur sa capacité d’accueil. Le plan d’immigration présenté fin 2025 durcit encore le ton avec des conditions d’admission plus sélectives. Cette nouvelle politique fragilise l’attractivité des établissements canadiens, autrefois perçus comme un eldorado académique par les étudiants internationaux.
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Les chiffres de fréquentation sont en chute libre. À l’Université de Montréal, les candidatures internationales ont dégringolé de 37 % en un an. Selon Le Monde, certaines institutions comme l’École nationale d’administration publique au Québec voient leurs effectifs étrangers fondre de moitié, menaçant directement l’équilibre de ces structures.
Le choc est également financier pour les universités. À l’université du Québec à Trois-Rivières, la perte de revenus liée à ce désamour est estimée à 4,4 millions d’euros. « Ça nous coupe les ailes, alors que nous sommes en pleine croissance », déplore le recteur Christian Blanchette, contraint de geler les embauches et de restreindre ses projets de développement.
Au-delà des budgets, c’est la qualité même de l’enseignement qui est menacée. La baisse des inscriptions pénalise les laboratoires de recherche et pourrait faire chuter les établissements dans les classements mondiaux. La rareté de l’expertise étrangère et la suppression de certains programmes jugés non rentables inquiètent désormais les partenaires académiques européens.
Sur le terrain, la lourdeur administrative finit de décourager les derniers candidats. Les délais de traitement des permis d’études sont devenus imprévisibles. Nadia Barrou, avocate en immigration, conseille désormais de déposer trois demandes d’admission par université pour maximiser ses chances. La moindre infraction au permis d’études entraîne aujourd’hui des refus de prolongation immédiats.
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Face à ce verrouillage, les flux d’étudiants se déplacent vers d’autres horizons. Les candidats se tournent massivement vers l’Europe ou la France, qui enregistre une hausse de son attractivité. Avec plus de 443 000 inscrits internationaux en 2025, l’Hexagone profite de cette recomposition mondiale pour attirer les profils francophones ou asiatiques initialement destinés au Canada.