Les étudiants marocains fuient les campus américains

- 16h00 - Monde - Ecrit par : Mohamed A.

L’incertitude politique et les craintes liées aux visas poussent de nombreux étudiants internationaux, dont les Marocains, à délaisser les prestigieuses universités américaines. Au profit d’établissements européens comme Sciences Po, perçus comme des refuges face aux bouleversements outre-Atlantique.

Les demandes d’admission d’étudiants américains à Sciences Po ont bondi de 52 % cette année, tandis que les départs vers les États-Unis ont chuté de moitié. Selon The New York Times, cette désaffection s’explique par l’instabilité liée à la présidence Trump. Les jeunes redoutent les violences par arme à feu, les coûts exorbitants de la scolarité et surtout l’incertitude administrative. Les récits de visas refusés ou d’arrestations par les services d’immigration refroidissent les ambitions transatlantiques.

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Cette réticence se retrouve chez les étudiants internationaux, à l’image d’Inès Cherifi, une Marocaine de 18 ans. Pour elle, le rejet des États-Unis ne découle pourtant pas de ses origines géographiques. L’Amérique jouit en effet d’une grande popularité au Maroc depuis 2020, date à laquelle l’administration Trump a reconnu la souveraineté du pays sur le Sahara occidental en échange d’une normalisation des relations avec Israël.

Le frein est ailleurs pour la jeune femme. Engagée sur son campus en France, elle s’est exprimée ouvertement en faveur de la cause palestinienne à Gaza. Elle craint aujourd’hui que ce militantisme ne compromette sérieusement l’obtention d’un document de voyage américain. Face à ce risque et à un climat universitaire tendu, Inès assume son choix : « Je suis tout à fait prête à ne jamais y aller ».

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Ce constat illustre un défi majeur pour l’attractivité américaine face à des écoles européennes qui tentent de garantir la liberté de pensée. Comme le souligne Luis Vassy, directeur de Sciences Po, l’expatriation exige de la stabilité pour trouver un logement ou ouvrir un compte bancaire. « Les gens n’aiment pas l’incertitude », résume-t-il, alors que les États-Unis restent secoués par des polémiques politiques permanentes.