L’Europe cherche à bloquer les transferts des MRE
Les nouvelles règles européennes compliquent l’activité des filiales de banques marocaines chargées d’accompagner les transferts d’argent des MRE. Bank Al-Maghrib affirme suivre ce dossier de près avec les autorités européennes, notamment françaises.
Les transferts d’argent des Marocains résidant à l’étranger font face à un nouveau défi en Europe. Le durcissement des conditions d’exercice de l’activité d’intermédiation des filiales de banques marocaines au sein de l’Union européenne constitue aujourd’hui l’un des principaux sujets de préoccupation pour l’écosystème national des transferts de fonds des MRE, a indiqué à Rabat Abderrahim Bouazza, directeur général de Bank Al-Maghrib.
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Intervenant lors d’une rencontre organisée à l’occasion de la Journée internationale des envois de fonds à la famille, le responsable a assuré que ce dossier est suivi de très près par les autorités marocaines avec leurs homologues européennes. L’enjeu est important pour les banques marocaines présentes en Europe, qui jouent un rôle dans l’accompagnement des Marocains de l’étranger et dans l’acheminement de leurs fonds vers le Maroc.
La France apparaît comme un pays particulièrement concerné par ce dossier. Abderrahim Bouazza a souligné l’appui des autorités françaises au maintien de l’autorisation d’exercer certaines opérations dites d’« activité relais » sur le territoire français, à travers un aménagement du cadre légal. Cette évolution est suivie avec attention par le Maroc, compte tenu du poids de la communauté marocaine en France et de l’importance des transferts envoyés chaque année vers le Royaume.
Bank Al-Maghrib rappelle que le Maroc a engagé plusieurs réformes pour rendre les transferts de fonds plus efficaces, plus transparents et moins coûteux. La banque centrale cite notamment la levée des clauses d’exclusivité imposées par certains opérateurs internationaux à leurs partenaires locaux, ainsi que le développement de l’accès digital aux services financiers.
Le Maroc dispose aujourd’hui d’un écosystème financier plus large, composé du réseau bancaire, d’établissements de paiement et de transfert de fonds, d’institutions de microfinance, de plateformes de financement participatif et d’un système de garantie publique des crédits bancaires. Mais des écarts importants persistent encore entre le monde rural et urbain, entre les hommes et les femmes, ainsi qu’entre les jeunes et les adultes.
Au-delà de la question européenne, Bank Al-Maghrib estime que les transferts des MRE restent encore trop peu orientés vers l’investissement productif. Selon la dernière enquête du HCP citée par Abderrahim Bouazza, 87 % de ces fonds sont affectés à la consommation courante des ménages. Pour le responsable, la complexité des procédures administratives, l’environnement des affaires et le manque d’incitations freinent encore leur mobilisation vers l’entrepreneuriat, notamment dans le monde rural.
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Le Maroc espère désormais mieux orienter une partie de cette épargne vers l’investissement, dans un contexte marqué par plusieurs réformes, dont la Charte de l’investissement, la Charte des TPE et la généralisation de la protection sociale. Pour Bank Al-Maghrib, ces chantiers doivent permettre de créer des conditions plus favorables à une meilleure contribution des transferts des MRE au développement économique du pays.