91 euros au Maroc, jusqu’à 1 778 euros en France : le coût de main-d’œuvre d’une voiture
Le coût de main-d’œuvre nécessaire à la fabrication d’une voiture est estimé à 91 euros au Maroc. En France, il atteint entre 1 118 et 1 778 euros selon les usines, soit jusqu’à 19,5 fois plus.
L’écart apparaît dans un classement d’Oliver Wyman repris lundi 14 septembre par Motor16. Le coût de main-d’œuvre par véhicule s’élève à 106 dollars au Maroc, environ 91 euros, contre 1 300 à 2 067 dollars en France, soit 1 118 à 1 778 euros.
La comparaison ne porte pas sur le coût total de production d’une voiture, qui comprend notamment les pièces, l’énergie, les équipements et la logistique. Elle mesure uniquement la part correspondant au travail nécessaire à son assemblage. Sur ce poste, une voiture revient entre 12 et 19,5 fois plus cher en France qu’au Maroc.
Le royaume affiche également un coût inférieur à celui de la Roumanie, estimé à 235 euros par véhicule, du Mexique (262 euros), de la Turquie (356 euros), de la Chine (514 euros) et de la Pologne (570 euros).
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Cet avantage contribue à expliquer les investissements réalisés au Maroc par les constructeurs français. Le pays a produit 559 645 véhicules en 2024, dont 524 467 voitures particulières. Plus de 80 % des automobiles assemblées dans le royaume sont exportées, principalement vers l’Europe.
Renault et Stellantis renforcent leurs usines marocaines
Renault dispose de deux sites au Maroc. L’usine de Tanger peut produire près de 380 000 véhicules par an, tandis que la Somaca de Casablanca dispose d’une capacité comprise entre 100 000 et 120 000 unités. Les deux sites assemblent notamment les Dacia Sandero, Logan et Jogger ainsi que le Renault Kardian.
La production marocaine représente désormais environ 17 % de la production mondiale du groupe Renault. Elle permet notamment d’alimenter le marché européen avec des modèles accessibles, dont la Sandero, qui reste l’une des voitures les plus vendues du continent.
Stellantis suit la même stratégie à Kénitra. Le groupe y fabrique la Peugeot 208 ainsi que les quadricycles électriques Citroën Ami, Opel Rocks-e et Fiat Topolino. La production de ces petits véhicules est passée de 20 000 à plus de 70 000 unités par an.
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La capacité visée par Stellantis à Kénitra atteint désormais 535 000 véhicules par an. Le site marocain doit également accueillir de nouveaux modèles, renforçant encore son rôle dans l’organisation industrielle du groupe face aux usines européennes.
L’écart de main-d’œuvre n’entraîne cependant pas une progression uniforme de toutes les exportations. En 2025, les ventes de voitures marocaines à la France ont chuté de 25 %, tandis que les livraisons de composants automobiles ont augmenté de 20 %. Le Maroc continue ainsi de gagner du terrain dans la chaîne de production française, même lorsque les exportations de véhicules finis ralentissent.