Faux guides, prix gonflés, caméras : Agadir veut rassurer les touristes
Sur la corniche, dans les souks et jusque derrière les écrans de vidéosurveillance, la police touristique d’Agadir multiplie les contrôles. Objectif : protéger les vacanciers et préserver l’image d’une ville qui a accueilli plus d’un million de visiteurs l’an dernier.
À Agadir, la tranquillité des touristes est devenue une priorité surveillée de près. Sur la corniche, la brigade touristique patrouille 24 heures sur 24. Dans le viseur des agents : les faux guides, accusés de harceler les visiteurs et de réclamer des pourboires exorbitants.
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Le contrôle est rapide, presque banal. « Bonjour, ça va ? Pièce d’identité s’il vous plaît », demande un policier à un homme soupçonné d’exercer sans agrément. « Oui bien sûr », répond-il. Les agents l’interrogent : « Tu travailles ici ? » — « Non, je me balade. » Cette fois, il s’agit d’une fausse alerte. Mais la vigilance reste maximale.
Car pour les autorités marocaines, ces faux guides sont devenus une véritable bête noire. Le délit peut être puni de deux ans de prison. À Agadir, près de 800 personnes ont été arrêtées l’an dernier pour ce type de pratiques, selon le reportage de TF1. Sur la plage, les groupes folkloriques sont tolérés, mais les marchands ambulants, eux, sont rapidement chassés lorsqu’ils sont repérés.
La surveillance ne s’arrête pas au front de mer. Dans la ville, 438 caméras équipées de reconnaissance faciale sont déployées. Un mur d’écrans permet de suivre les incidents, de la consommation de drogue aux accidents de la route, et de coordonner une centaine d’agents sur le terrain. « Regardez avec la caméra. D’accord, on vous envoie tout de suite la police », entend-on à la radio.
Autre point sensible : le marché couvert. Dans ses allées très fréquentées, les policiers traquent les contrefaçons, mais aussi les prix gonflés. Les touristes, eux, ont appris à négocier. « Je pars du principe que quand ils me donnent un prix, je vais à la moitié, et je remonte un peu jusqu’à tant qu’ils lâchent », raconte l’une des touristes.
Pour les autorités, la présence visible des policiers suffit déjà à calmer certaines pratiques. « Notre rôle a fait éliminer beaucoup de phénomènes. À titre d’exemple, la mendicité, le harcèlement, le vol même », affirme un commissaire interrogé dans le reportage.
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Derrière ces contrôles, l’enjeu est aussi économique. Le tourisme rapporte plus de 10 milliards d’euros chaque année au Maroc et représente près de 10 % de la richesse nationale. À Agadir, station balnéaire phare du royaume, l’image compte autant que le soleil. En plus de ses formules tout compris, la ville mise désormais sur la sécurité pour rassurer les vacanciers. Et la stratégie semble porter ses fruits : l’an dernier, Agadir a accueilli plus d’un million de visiteurs.