France : des biens immobiliers saisis au Maroc par la justice française
Le parquet de Quimper intensifie sa lutte contre le travail dissimulé. Avec des millions d’euros saisis, les magistrats s’attaquent à une délinquance économique qui dépasse les frontières, menant des enquêtes et des saisies immobilières jusqu’au Maroc.
En Cornouaille, les délits économiques et financiers mobilisent massivement l’institution judiciaire. Selon Marie-Noëlle Collobert, vice-procureure au tribunal de Quimper, « énormément d’argent passe sous les radars de la fiscalité ». Face à ce constat, les saisies directes se multiplient pour réinjecter ces fonds dans le circuit collectif. Les autorités ont ainsi récupéré 2,5 millions d’euros sur les années 2024 et 2025, et ont déjà franchi la barre du million pour les cinq premiers mois de 2026. Si la fraude touche des professions très diverses allant des soins infirmiers aux bateaux navettes, l’installation de la fibre optique et le secteur du bâtiment restent les activités les plus visées par les enquêteurs.
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Cette traque vise autant à assainir le marché qu’à protéger des travailleurs vulnérables. La magistrate dénonce la concurrence déloyale subie par les sociétés en règle, soulignant que « l’entrepreneur honnête est finalement sanctionné ». Le travail non déclaré expose surtout les employés à de graves dangers sanitaires et sociaux. Sans cotisations pour leur retraite ni protection en cas d’accident, ces individus opèrent parfois dans des conditions de sécurité très précaires sur le bord des routes. Le parquet pointe également les risques liés aux malfaçons et à la non-conformité des matériaux utilisés sur ces chantiers clandestins.
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Pour endiguer cette criminalité, la justice quimpéroise se dote d’audiences correctionnelles trimestrielles dédiées et déploie de nouveaux moyens pour suivre les fonds hors de France. L’argent issu du travail dissimulé fuyant rapidement le territoire, les autorités n’hésitent plus à traquer ces capitaux à l’international. « Nous commençons à pouvoir agir assez vite et bien à l’étranger », se félicite Marie-Noëlle Collobert dans les colonnes du quotidien Le Télégramme. Des enquêteurs ont notamment été dépêchés au Maroc afin d’y saisir directement des biens immobiliers acquis illégalement. Cette stratégie de coopération transfrontalière porte ses fruits dans d’autres pays, permettant par exemple de retracer des comptes en Espagne liés à de fausses offres de placements financiers.