Une juge française traque des millions d’euros au Maroc
Une magistrate française a enquêté jusqu’au Maroc pour retrouver les avoirs d’un réseau criminel ayant dérobé 11 millions d’euros en cryptomonnaies. Le cerveau présumé du groupe a évité de justesse une nouvelle incarcération jeudi à Paris.
Un escroc présumé de 45 ans, accusé d’avoir piloté une organisation criminelle internationale, a été maintenu en liberté sous contrôle judiciaire. Mis en examen pour escroquerie en bande organisée et blanchiment, il est soupçonné d’avoir orchestré, avec dix complices, le vol massif d’actifs numériques entre 2024 et 2025.
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L’enquête, dont les détails ont été rapportés par Le Parisien, révèle l’acharnement de la juge d’instruction chargée du dossier. Pour identifier les flux financiers et saisir les biens mal acquis, la magistrate s’est personnellement déplacée en Espagne, aux États-Unis et au Maroc, signe de l’ampleur internationale des ramifications de ce réseau.
Le groupe utilisait la technique du « rip deal » pour piéger des investisseurs fortunés. En proposant des placements attractifs via des plateformes d’échange, les malfrats attiraient leurs victimes dans des brasseries parisiennes. Une caméra discrète captait alors les codes de connexion aux portefeuilles numériques pour les vider instantanément.
Cette équipe, composée de gitans sédentarisés installés en Seine-Saint-Denis, avait modernisé ses méthodes en créant des sociétés écrans et des sites internet sophistiqués. Un entrepreneur new-yorkais figure parmi les principales victimes, ayant perdu près d’un million d’euros après un rendez-vous dans le XVIe arrondissement de la capitale.
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Devant la justice, le suspect principal, qui travaille désormais comme livreur pour Amazon, a nié être l’architecte du système. Ses conseils ont affirmé qu’il respectait scrupuleusement ses obligations judiciaires, tout en dénonçant la volonté de la juge de le renvoyer en détention pour des faits déjà intégrés à la procédure.