Fraude à 9 millions d’euros : l’argent des cotisations sociales investi dans l’immobilier au Maroc
La gendarmerie nationale a annoncé mercredi le démantèlement d’un vaste réseau de fraude aux cotisations sociales dont le préjudice s’élève à près de 9 millions d’euros. Les investigations révèlent que les bénéfices de cette escroquerie ont été massivement réinvestis dans l’immobilier à l’étranger, ciblant particulièrement le Maroc et la Thaïlande.
L’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI) a mis fin aux agissements d’un réseau structuré piloté depuis l’Oise. Sept suspects ont été interpellés le 27 janvier dernier lors d’une opération simultanée dans l’Oise, le Var et les Bouches-du-Rhône. À l’issue des gardes à vue, quatre individus ont été mis en examen, dont l’un a été placé en détention provisoire.
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Le mode opératoire, qualifié de « bien rodé » par les enquêteurs, consistait à proposer à des entreprises en tension d’externaliser leurs salariés via des sociétés d’intérim frauduleuses pour échapper au paiement des charges sociales. Si les employés conservaient leur poste, ils recevaient de faux bulletins de salaire sans être déclarés à l’Urssaf. Au total, plus de 2 000 salariés ont été lésés, le pot aux roses ayant été découvert lorsque certains d’entre eux se sont vu refuser des droits par la CAF.
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L’aspect financier du dossier montre un circuit de blanchiment international. Selon les éléments de l’enquête rapportés par Franceinfo, les sommes détournées n’étaient pas thésaurisées en France mais rapidement exfiltrées pour être investies dans la pierre. Les enquêteurs ont tracé ces flux vers des acquisitions immobilières en Thaïlande et au Maroc.
Lors des perquisitions, les forces de l’ordre ont procédé à la saisie de près de 400 000 euros d’avoirs criminels, incluant des biens immobiliers, des véhicules, des sommes en numéraire et des armes. Une information judiciaire a été ouverte le 6 janvier 2026 par le tribunal de Beauvais pour poursuivre les investigations sur ce dossier qui pourrait encore s’élargir.