La France cherche des bras, mais recale massivement les Marocains
La France a refusé environ 40 % des demandes concernant des travailleurs saisonniers marocains en 2024. Un chiffre communiqué par Paris et repris dans un récent rapport de la Commission européenne consacré au travail saisonnier dans l’Union.
Le chiffre apparaît presque discrètement dans une note de bas de page, mais il est particulièrement élevé. Pour l’année 2024, les autorités françaises ont fait état d’un « taux de rejet des demandes d’environ 40 % » concernant les travailleurs saisonniers originaires du Maroc. Deux raisons sont avancées : la fraude ou une inadéquation entre les candidats et les profils recherchés.
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Cette donnée a été communiquée par la France lors d’un atelier sur la migration de travail dans l’agriculture organisé en décembre 2025 par l’OCDE et le gouvernement néerlandais. Elle est désormais reprise dans le rapport publié le 8 mai par la Commission européenne, qui évalue l’application de la directive européenne sur les travailleurs saisonniers et porte principalement sur la période 2019-2024.
Les Marocains restent de loin les premiers
Ce taux de refus contraste avec le poids considérable du Maroc dans le travail saisonnier européen. En 2024, les États membres ont délivré 273 897 autorisations entrant dans le champ de cette directive. Avec 76 579 autorisations, les Marocains en ont obtenu 28 %, devant les Bangladais (53 567) et les Indiens (39 137). Le Maroc est ainsi, de très loin, le premier pays d’origine des travailleurs saisonniers concernés par ce dispositif.
La France constitue elle-même l’un des principaux pays d’accueil. Elle a délivré 41 700 autorisations de travail saisonnier en 2024, toutes nationalités confondues, soit 15 % du total européen. Seule l’Italie en a délivré davantage, avec 146 099 autorisations. L’Espagne arrive derrière la France avec 20 810.
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Le rapport rappelle enfin que les contrôles à l’entrée doivent à la fois empêcher les fraudes et protéger les travailleurs contre les abus. La Commission constate parallèlement que le recours aux travailleurs saisonniers étrangers explose dans l’Union : le nombre d’autorisations est passé de 115 726 en 2019 à 273 897 en 2024, soit une hausse de plus de 136 % en cinq ans.