France : Un nouveau ramadan sans représentation musulmane

- 20h10 - France - Ecrit par :

Le début du ramadan va une nouvelle fois être annoncé en France aux fidèles en ordre dispersé par les responsables musulmans, faute d’une instance représentative reconnue par tous.

Souhaitée par les pouvoirs publics et par les notables musulmans pour mettre l’islam, deuxième religion de France, au niveau des autres cultes, cette instance tarde à voir le jour malgré deux ans de concertation engagée par le ministère de l’Intérieur, pour impliquer les quelque quatre à cinq millions de musulmans "de base". Ce chiffre communément avancé en se fondant sur les estimations des sociologues ne reflète pas la diversité des opinions et des attitudes dans ce qu’il est convenu d’appeler "la communauté musulmane", peu informée de ce qui se joue en son nom dans les interminables réunions au ministère.

Le mois de jeûne, auquel le Coran astreint chaque musulman en souvenir de la mission confiée par Dieu à son prophète Mahommet, doit commencer cette semaine, mercredi ou jeudi. Son début coïncide avec l’apparition de la nouvelle lune, laquelle, selon la tradition, doit être visible à l’oeil nu.

Une réunion de la COMOR (commission organisation constituée pour préparer les élections d’un conseil représentatif du culte musulman, CFCM) est prévue mardi et ses membres (représentants des fédérations et de grandes mosquées, personnalités qualifiées) sont convenus d’examiner à cette occasion "la possibilité de déclarer d’un commun accord la date de début du ramadan".

Mais sans attendre, quelques mosquées ont décidé de se réunir dès lundi soir dans une mosquée parisienne "pour fixer le premier jour du mois sacré". Outre la mosquée parisienne Omar, affiliée au mouvement piétiste fondamentaliste Foi et Pratique, l’appel émane de mosquées dissidentes de la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF, contrôlée par des Marocains) et d’une association récemment créée, la "coordination des musulmans" animée par un "laïque", Abderhamane Dahmane.

Même si elle est minoritaire, la constitution de cette alliance hétéroclite révèle les difficultés que l’équipe du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy rencontre pour faire aboutir la consultation sur l’islam engagée par ses prédecesseurs.

Après avoir, sur les instances de la grande mosquée de Paris, retardé l’élection du CFCM par les représentants des mosquées, le ministre de l’Intérieur, en fonction depuis six mois, a souhaité amender le projet mis au point par la COMOR sous la responsabilité de son prédécesseur socialiste Daniel Vaillant.

Dans le but affiché d’empêcher la victoire du fondamentalisme, il a proposé notamment que les représentants musulmans soient pour partie seulement élus et pour partie cooptés. Ce faisant, il n’a rassuré qu’à moitié le recteur de la mosquée de Paris, qui répugne toujours à partager la représentativité de l’islam, et a mécontenté ceux qui espéraient rafler la mise aux élections.

Parmi eux, l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), qui avait non sans mal convaincu sa base de jouer le jeu démocratique, et la FNMF, en perte de vitesse, mais qui était parvenue à monter partout des listes régionales en faisant alliance avec des mosquées indépendantes.

Répondant à l’insistance du ministre qui souhaite boucler l’affaire avant la fin de l’année, la COMOR a certes décidé de se réunir régulièrement, même pendant le ramadan. Mais de ces réunions émane, pour les observateurs, une lancinante impression de sur-place.

Source : AFP

  • Les musulmans de France enfin représentés dans une structure unique

    Les cinq millions de musulmans de France vont pour la première fois être représentés au sein d'une structure unique pour défendre les intérêts de la deuxième religion de France auprès des autorités, au terme d'un accord signé entre les trois principales organisations musulmanes.

  • L'islam parisien : une mosaïque de sensibilités

    Depuis hier, les musulmans de Paris observent le jeûne de ramadan, dixième et dernier mois du calendrier lunaire arabe. Loin d'être monocolore, l'islam à Paris est composé d'une multitude de sensibilités, de traditions, de courants. Si on excepte les salles de prière, difficiles à recenser, Paris compte 48 lieux officiels de culte musulman.

  • A la recherche de délégués pour l'islam de France

    On a connu Nicolas Sarkozy plus entreprenant. Sur la question de l'islam de France, il avance à pas prudents, à grand renfort de diplomatie. Il sera ce samedi en visite officielle à la grande mosquée de Paris d'où il souhaiterait s'adresser à « tous les musulmans de France ».

  • Le ministre et les « marchands du temple »

    Ils seront tous, les 19 et 20 décembre, au rendez-vous de Nicolas Sarkozy. Le protocole d'accord en vue de créer un « Conseil français du culte musulman » (CFCM), signé lundi par les trois principales fédérations musulmanes de France, a été présenté hier à tous les membres de la consultation sur l'islam de France.

  • L'Islam de France enfin représenté

    Le Conseil français du culte musulman existe. Elus dimanche, ses membres auront la charge de représenter les différentes tendances de l'Islam en France, face aux pouvoirs publics. A l'annonce des résultats, la plupart des mouvements religieux ont affiché leur unité, et leur confiance envers le "président" Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris.

  • M. Sarkozy affirme sa volonté de mener à bien la consultation sur l'islam

    Le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy a affirmé dans un entretien à la revue musulmane La Médina à paraître jeudi sa volonté de mener à bien la consultation sur l'organisation de l'islam engagée par ses prédécesseurs.

  • Succès de l'élection du Conseil français du culte musulman

    L'élection du conseil français du culte musulman (CFCM), la première instance représentative de l'islam de France, s'est déroulée avec succès dimanche dans les 17 régions qui n'avaient pas voté le 6 avril, avec un taux de participation dépassant souvent les 80%.

  • Le ministre de l'Intérieur reçoit les responsables du culte musulman

    Le nouveau ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a repris à son compte la copie de ses prédécesseurs Jean-Pierre Chevènement et Daniel Vaillant pour faire émerger une instance représentative de l'islam, tout en souhaitant lui apporter des corrections. Aux responsables musulmans qu'il a reçus jeudi durant plus de deux heures.

  • Les musulmans de l'Hexagone à la recherche d'une voix commune

    Pour répondre aux « amalgames entre Islam, islamisme, fondamentalisme, extrémisme, terrorisme et totalitarisme », Nicolas Sarkozy, ministre français de l'Intérieur, dresse le projet de création d'un Conseil français du culte musulman (CFCM) en priorité.

  • En France, l'islam veut garder son sang-froid

    Contrastant avec de nombreux appels à la « guerre sainte » contre l'Amérique « satanique » entendus dans la bouche de nombreuses autorités islamiques dans certains pays musulmans, les autorités musulmanes françaises ont appelé les musulmans à la « sérénité », au « sang-froid », à la « vigilance ».