Gouvernement : Abbas El Fassi sous pression

- 22h25 - Maroc - Ecrit par : L.A

Deux semaines après sa nomination à la tête de la Primature, Abbas El Fassi n’est pas encore au bout de sa peine. Le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal a, en effet, beaucoup de mal à satisfaire les appétits gourmands des partis devant constituer la majorité. C’est donc vers une troisième semaine de tractations décisive que l’on s’achemine.

En attendant, la tension est montée de plusieurs crans dans les états-majors des formations politiques de la majorité appelée à faire partie du gouvernement El Fassi. Ainsi, rien ne va plus au sein de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) dont le 1er secrétaire, Mohamed El Yazghi, a de plus en plus du mal à convaincre ses pairs du Bureau politique.

A telle enseigne que Mohamed Lahbabi, faucon de l’USFP au cours des années 70-80, n’a pas hésité à comparer El Yazghi à Staline lors de la réunion jeudi dernier du Conseil national de la formation politique. Des sources proches de la direction du parti ont affirmé à L’Economiste que le 1er secrétaire « maintient le Bureau politique dans l’ignorance. Aucune information n’a été communiquée à cette instance suprême du parti sur la teneur des pourparlers entre Abbas El Fassi et El Yazghi ». Ce dernier privilégierait « la rétention de l’information, un black-out, plutôt que mettre le Bureau politique au fait du déroulement des tractations ». L’on n’hésite pas au sein du Conseil national à avancer que « El Yazghi a déjà établi la liste des ministres qui sera proposée dans les tout prochains jours au nouveau Premier ministre ». « Dévoiler cette liste ne ferait que jeter encore plus d’huile sur le feu et ce n’est pas ce dont El Yazghi a besoin pour le moment », indique un proche du 1er secrétaire. Pour la simple raison que ladite liste ne comprend ni le nom de Driss Lachgar qui a toujours soutenu El Yazghi, ni ceux de Mohamed El Achaâri, Mohamed El Gahs, ni même Mohamed Bouzoubaâ.

La liste El Yazghi

La fameuse liste comporterait, en attendant, seulement les noms du 1er secrétaire Mohamed El Yazghi, de Habib El Malki, de Mohamed Amer et de Nezha Lahraichi. L’USFP réclame, d’ailleurs, à Abbas El Fassi un portefeuille supplémentaire, parce qu’il est impératif pour la formation politique que Abdelouahed Radi soit intégré dans le gouvernement.

Conscient qu’il ne peut se maintenir éternellement au sommet du perchoir de la Chambre des représentants, Radi veut faire partie de la nouvelle équipe gouvernementale. Son parti souhaiterait le placer à la tête du département de l’Agriculture jusque-là occupé par Mohand Laenser, secrétaire général du Mouvement populaire. « Une entente entre les deux partis est envisageable », assure-t-on de part et d’autre.

Mais à la seule condition que l’USFP apporte son soutien à la candidature de l’actuel ministre de l’Agriculture au sommet du perchoir. Mais El Fassi va-t-il accéder à la requête de l’USFP et lui attribuer un portefeuille supplémentaire ? Difficile à dire, mais tout reste possible dans l’éventualité d’un cabinet à 28 ou 29 portefeuilles.

124 ministrables au RNI

Toutefois, les soucis de Abbas El Fassi ne viennent pas uniquement du côté de son allié de la Koutla, mais aussi du Rassemblement national des indépendants (RNI). Ce dernier réclame, en effet, un portefeuille supplémentaire et exige d’être traité sur le même pied d’égalité que l’USFP. « La logique des urnes doit être respectée et l’attribution des portefeuilles doit se faire proportionnellement au nombre de sièges obtenus à la Chambre des représentants », soutient le président du RNI, Mustapha El Mansouri. Ce dernier trouve « anormal » que son parti dispose du même nombre de portefeuilles (4) que l’USFP grande perdante des législatives. En outre, le RNI aimerait, lui aussi, voir porter au moins à 5 le nombre de portefeuilles qui lui seront attribués par El Fassi. En attendant, le président des Indépendants planche activement sur la liste des noms qu’il va proposer au Premier ministre.

Le secrétariat du parti aurait reçu pas moins de 124 CV de personnes s’estimant « ministrables ». Mais, « nous ne prendrons que ceux qui répondent aux critères établis par le parti », souligne El Mansouri. Il sera donc procédé à une première sélection selon le nombre de voix obtenues par chaque candidat du parti aux législatives du 7 septembre, ensuite vient le rang occupé par les têtes de listes dans les circonscriptions et, enfin, la compétence et l’expérience.

Parmi tous les partis de la majorité, il semblerait que c’est avec le Parti du progrès et du socialisme (PPS) que les choses se déroulent plus ou moins bien. Le parti d’Ismaïl Alaoui ne demande pas plus de deux portefeuilles et éventuellement un secrétariat d’Etat. Peu importe le portefeuille car on estime au PPS, que la formation politique dispose de suffisamment de cadres « ministrables » pour pouvoir assumer pratiquement leurs responsabilités là où on les place.

Le MP s’accroche à l’Energie !

La Mouvance populaire est en train de mettre les mains et les pieds pour conserver le portefeuille de l’Energie et maintenir à sa tête l’actuel ministre Mohamed Boutaleb.

Les instances suprêmes du MP continuent, en outre, à faire pression sur le Premier ministre désigné, Abbas El Fassi, pour que développement rural et agriculture soient maintenus dans le même département. La direction du MP s’accroche, dur comme fer, à cette condition qu’elle estime majeure dans ses discussions avec El Fassi. Au MP, on semble apparemment oublier que le département de l’Agriculture a été, de l’avis de nombreux observateurs, l’un des moins performants dans le gouvernement actuel. Pourtant, la mouvance voudrait bien y revenir et c’est pour cela qu’elle réclame à El Fassi un portefeuille supplémentaire.

Par ailleurs, certaines sources ont indiqué à L’Economiste que l’éventualité de réunir dans un même département le développement rural et l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) n’est pas à écarter.

L’Economiste - Jamal Eddine Herradi

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