Un gouvernement marocain à l’ombre du Palais royal

- 21h48 - Maroc - Ecrit par : L.A

Un mois après la désignation au poste de premier ministre d’Abbas El-Fassi, 66 ans, le Palais royal a publié, lundi 15 octobre, la liste du gouvernement que conduira le dirigeant de l’Istiqlal, le parti nationaliste arrivé en tête aux élections législatives du 7 septembre, marquées par un taux d’abstention record (63 %).

Si le délai pour constituer l’équipe gouvernementale est conforme aux habitudes, en revanche, la pléthore de portefeuilles - 34 au total - constitue une première surprise. "Cela dépasse en nombre ce que j’avais souhaité, mais ce gouvernement reste ramassé par rapport aux précédents", a fait valoir M. Fassi, qui a fait de l’emploi et du développement économique la priorité de son gouvernement.

La nouvelle équipe est marquée par une présence accrue de femmes (7 sont ministres ou secrétaires d’Etat), et un renouvellement des hommes (17 personnes n’appartenaient pas au gouvernement précédent).

La constitution du gouvernement n’a pas été chose facile. M. Fassi devait satisfaire les appétits de cinq partis appelés à former la majorité, et composer avec le Palais royal, qui choisit les titulaires des ministères dits "de souveraineté", jugés stratégiques. Le ministère de l’intérieur en fait partie, qui d’ailleurs ne change pas de titulaire, tandis qu’à la tête du portefeuille des affaires étrangères une fiction disparaît avec le remplacement de Mohammed Benaïssa par l’homme qui dirigeait de fait la diplomatie du royaume, même s’il n’était que secrétaire d’Etat, Taïeb Fassi-Fihri.

Le Palais royal a également eu son mot à dire sur les autres nominations au gouvernement. On devine la marque des conseillers du roi Mohammed VI dans l’arrivée ou la promotion de technocrates, sous différentes étiquettes, aux ministères de l’énergie, de l’agriculture, du tourisme...

La nécessité de satisfaire des intérêts contradictoires débouche sur quelques surprises. S’estimant mal traité dans la distribution des portefeuilles, le Mouvement populaire, une formation berbériste ancrée dans l’histoire du royaume, a ainsi décidé de rejoindre l’opposition, ce qui n’a pas empêché certains de ses responsables d’entrer au gouvernement, mais sous une autre étiquette.

Grands perdants des législatives et un temps tentés par une cure d’opposition, les sociaux-démocrates de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) ont aussi donné du fil à retordre au premier ministre, qui a dû leur faire une place plus importante que celle découlant de la seule arithmétique électorale. Seul ministre d’Etat, le patron de l’USFP, Mohammed El-Yazghi, est ainsi le numéro deux du gouvernement, mais sans portefeuille. En revanche, avec le départ de Fathallah Oualalou, les socialistes abandonnent le portefeuille des finances qu’ils contrôlaient depuis une décennie.

Le Monde - Jean-Pierre Tuquoi

  • Un nouveau gouvernement pour lundi

    Le nouveau gouvernement marocain dirigé par le Premier ministre désigné, Abbas El Fassi, devrait être nommé lundi à Rabat. Abbas El Fassi, chef du parti conservateur de l'Istiqlal, a été nommé au poste de Premier ministre par le roi Mohammed VI le 19 septembre. L'Istiqlal avait remporté les élections législatives du 7 septembre avec 52 sièges. "Notre parti a appris que le nouveau gouvernement devra être nommé lundi", a déclaré pour sa part dimanche, un responsable du Parti du progrès et du socialisme.

  • Les socialistes plongent dans la crise après la démission d'El Yazghi et Radi

    Les socialistes marocains - le parti de Mehdi Ben Barka - n'ont plus de chef. Le secrétaire général de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), Mohamed El-Yazghi, a annoncé dans un communiqué, publié lundi 3 décembre, sa démission ainsi que "le gel de (sa) participation au sein du bureau politique" du parti.

  • Gouvernement : Les noms qui circulent

    Rien d'officiel encore. Mais l'étau se resserre autour de personnalités dont la participation au gouvernement est hautement probable… Globalement, l'équipe que compte former le Premier ministre est un peu plus piquante et relevée que ne le laissait redouter le caractère effacé et peu communicant d'Abbas El Fassi.

  • Gouvernement : vers une reconduction de la majorité sortante

    Le nouveau Premier ministre marocain et chef du parti conservateur Istiqlal, Abbas El Fassi, s'est déclaré "optimiste" sur la participation à son gouvernement des cinq partis de la majorité sortante, y compris les socialistes de l'USFP, grands perdants du dernier scrutin.

  • Gouvernement : Abbas El Fassi sous pression

    Deux semaines après sa nomination à la tête de la Primature, Abbas El Fassi n'est pas encore au bout de sa peine. Le secrétaire général du Parti de l'Istiqlal a, en effet, beaucoup de mal à satisfaire les appétits gourmands des partis devant constituer la majorité. C'est donc vers une troisième semaine de tractations décisive que l'on s'achemine.

  • Abbas El Fassi nommé premier ministre

    Mohammed VI a reçu, mercredi après-midi au Palais Royal de Rabat, Abbas El Fassi, Secrétaire général du Parti de l'Istiqlal, et l'a nommé Premier ministre. El Fassi a été ministre de l'Habitat et de l'aménagement du ‎territoire, ministre de ‎l'Artisanat et des affaires sociales et ministre de ‎l'Emploi, de la formation professionnelle, du développement social et de la ‎solidarité.‎

  • Le nouveau gouvernement nommé

    Le Roi Mohammed VI a présidé, lundi en début d'après-midi à la salle du Trône au Palais Royal de Rabat, la cérémonie de nomination du nouveau gouvernement.

  • Mohammed VI désignera bientôt le Premier ministre

    Mohammed VI a décidé de recevoir, dans les jours qui viennent, les dirigeants des partis politiques marocains, dans la perspective de la désignation du futur Premier ministre, a annoncé lundi le Palais royal.

  • Gouvernement El Fassi : Femmes, jeunes, technocrates...

    Dès l'installation du nouveau gouvernement, les passations de pouvoir. L'exécutif est donc opérationnel dès aujourd'hui mardi. Sa mouture définitive a été élaborée après que le MP a décidé de claquer la porte de la majorité. Les postes qui revenaient au pôle haraki ont été dispatchés sur les trois autres partis politiques que sont l'Istiqlal, le RNI et l'USFP. La nouvelle majorité comprend donc ces trois formations et le PPS. Elle sera appuyée par le groupe parlementaire mené par Fouad Ali Al Himma et composé de près de 35 députés qui viennent d'horizons divers.

  • El Himma ne sera pas premier ministre

    Fouad Ali El Himma, ex-vice-ministre marocain de l'Intérieur et personnalité la plus proche du roi Mohammed, VI a nié catégoriquement qu'il puisse être nommé premier ministre, dans un entretien à la télévision publique 2M lundi.