Guerre avec le Maroc : un ancien chef militaire espagnol assure pouvoir « l’éteindre en 24 heures »
Un ancien patron du renseignement militaire espagnol affirme que son pays pourrait neutraliser le Maroc en 24 heures si Rabat attaquait Ceuta. Avions, navires, ports, aéroports et communications seraient visés dans une riposte qui dépasserait largement la défense de l’enclave.
La déclaration est signée Francisco José Gan Pampols, lieutenant-général de réserve et ancien directeur du Centre de renseignement des forces armées espagnoles. Interrogé par El Español, il assure que Madrid possède les moyens de paralyser le Maroc en seulement 24 heures en cas d’offensive contre Ceuta.
L’ancien chef militaire décrit une riposte sans limite géographique. L’Espagne ne se contenterait pas de repousser les forces engagées autour de l’enclave : elle frapperait directement les capacités militaires et logistiques marocaines. « Tout ce qui volera sera abattu », affirme-t-il au sujet de l’aviation marocaine, avant de réserver le même sort aux bâtiments de la Marine royale.
Ports, aéroports, réseaux de communication et infrastructures énergétiques pourraient également être neutralisés. Madrid mobiliserait ses avions de combat, ses missiles de croisière Taurus, son artillerie et ses moyens navals afin d’empêcher le Maroc de poursuivre les opérations.
Pour Gan Pampols, une invasion de Ceuta équivaudrait à une déclaration de guerre. Il estime surtout que cet avertissement devrait être transmis à Rabat « par les canaux appropriés ». Sa sortie ne constitue pas la position officielle du gouvernement espagnol, mais elle émane d’un ancien responsable qui a dirigé le renseignement militaire entre 2013 et 2016.
L’ancien général considère par ailleurs que les préparatifs marocains seraient rapidement détectés. Une offensive nécessiterait de rapprocher des brigades, des blindés, des munitions, du carburant et des milliers de soldats de la frontière. De tels mouvements seraient difficilement dissimulables aux satellites, aux drones et aux services de renseignement espagnols.
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Environ 3 000 militaires espagnols sont stationnés à Ceuta. Ils constitueraient la première ligne de défense avant l’arrivée de renforts depuis la péninsule. Une opération de grande ampleur mobiliserait ensuite l’armée de terre, la marine, l’armée de l’air, les forces spéciales et le commandement du cyberespace.
Les bases de Rota et de Morón joueraient un rôle central dans l’acheminement des troupes, des munitions et du carburant. Le contrôle du détroit de Gibraltar deviendrait également essentiel pour maintenir les liaisons maritimes et empêcher le Maroc de soutenir durablement ses forces.
L’Espagne reste devant, mais voit le Maroc se rapprocher
Les trois anciens responsables militaires interrogés jugent néanmoins une attaque marocaine extrêmement improbable. Juan Rodríguez Garat, ancien amiral de la flotte, et Francisco José Dacoba, ancien directeur de l’Institut espagnol d’études stratégiques, rejoignent Gan Pampols sur ce point.
Tous considèrent cependant que l’Espagne conserverait l’avantage dans une guerre conventionnelle. Madrid dispose d’une aviation plus importante, de chasseurs Eurofighter et F/A-18, d’une marine dotée de frégates F-100 et de sous-marins S-80, ainsi que d’une meilleure capacité à coordonner avions, navires, radars et armes de précision.
Rodríguez Garat estime que la première bataille se déroulerait dans les airs et tournerait à l’avantage de l’Espagne. La perte de la maîtrise du ciel compliquerait ensuite toute tentative marocaine de renforcer ou d’approvisionner ses unités autour de Ceuta.
Cette assurance masque toutefois une inquiétude grandissante à Madrid. Dacoba reconnaît que l’avance espagnole se réduit sous l’effet des acquisitions marocaines. Le Royaume renforce son aviation avec de nouveaux F-16, son armée de terre avec des chars Abrams et des lance-roquettes PULS, tandis que les livraisons d’hélicoptères Apache se poursuivent.
Le bouclier antiaérien israélien acquis par le Maroc, notamment les systèmes Spyder, complique également les scénarios espagnols. Il permet à Rabat de mieux protéger son espace aérien et certaines installations stratégiques contre des avions, des drones et des missiles.
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La supériorité espagnole reste plus nette sur mer. L’Espagne dispose de cinq frégates F-100, prépare l’entrée en service des F-110 et aligne des sous-marins ainsi que le bâtiment de projection Juan Carlos I. Le Maroc possède plusieurs frégates et corvettes modernes, dont une FREMM, mais ne dispose pas encore d’une capacité sous-marine comparable.
La guerre décrite par les anciens officiers demeure un scénario très éloigné. Mais la violence des mots employés révèle l’évolution du débat en Espagne. Face à la modernisation accélérée de l’armée marocaine, certains responsables espagnols ne se contentent plus d’affirmer que leur pays reste militairement supérieur : ils jugent désormais nécessaire de menacer Rabat d’une paralysie complète en 24 heures.