Hanane morte à 23 ans : Décès douteux d’une Marocaine à Dubaï

- 16h29 - Maroc - Ecrit par :

Hanane Zemrani, une Marocaine engagée comme femme de ménage chez un richissime homme d’affaires à Dubaï, est décédée depuis fin septembre dernier dans des conditions assez obscures.

Son corps est toujours dans une morgue, l’ambassade du Maroc réclame une autopsie et une enquête sur les circonstances du décès.
Hanane est née en 1981 à Tan-Tan. Divorcée avec un enfant, il y a un an et demi et à charge de 3 ans et demi, elle voulait émigrer aux Emirats avec l’espoir d’y travailler et venir en aide à sa famille démunie (son père est un retraité militaire séparé de sa maman).
Fin mai, début juin 2004, un intermédiaire « d’hommes d’affaires » (pour certains Khalifa), émarati, lui propose un marché. Il pourra devenir son tuteur et lui assurer un contrat de travail avec hébergement et prise en charge... contre 50.000 dirhams.
Elle fera les mains et les pieds pour collecter la somme, en recourant surtout à des proches plus nantis.
Au mois d’août, la voila partie aux Emirats avec la promesse de travailler comme femme de ménage chez une famille de renom avec un salaire situé entre 15 000 et 20 000 dh par mois, nourrie, logée et blanchie en sus.
C’est le même intermédiaire émarati qui va la recevoir à l’aéroport avant de la mettre dans un foyer de jeunes filles, principalement des Marocaines et des Jordaniennes.
Il faudra attendre la mi-septembre pour que la promesse soit tenue. Elle sera recrutée en tant que femme de ménage dans une villa du fils d’un grand richissime homme d’affaires émarati.
Contente, elle appela sa famille pour annoncer la bonne nouvelle. « Je suis nourrie et logée mais le salaire n’est pas encore fixé » dit-elle à sa mère à qui elle promet d’envoyer de l’argent dès qu’elle recevra son solde.
Hélas, le rêve généreux ne se réalisera pas. Dans la nuit du 23 au 24 septembre, une amie de Hanane appelle la famille Zemrani (la mère et les sœurs) pour annoncer le décès de la jeune femme. Elle se serait noyée à la mer, selon cette première version (commanditée ou naïve ?).
Les parents, amis et ceux qui connaissent Hanane n’en revenaient pas. Elle était réputée pour être une bonne nageuse.
Trois jours après, grâce aux services consulaires et l’aide d’amis, la famille de Hanane saura que le décès a eu lieu dans la piscine de la villa du fils du richissime homme d’affaires. Même la police émaratie aurait confirmé le décès dans ces lieux et retenu la thèse de la noyade, mais sans faire d’autopsie.
Selon des amies à la défunte, il s’agirait plutôt d’un meurtre que les autorités locales voudraient masquer...
Mais la famille meurtrie a saisi officiellement le ministère des Affaires étrangères pour demander une autopsie.
C’est ce que réclame l’ambassade du Maroc avec un complément d’enquête et la convocation des témoins du « décès ».
Surtout que la police a relevé, au départ, des blessures sur les poignets et le corps.
L’intermédiaire Khalifa, contacté par la famille Zemrani, a justifié le fait de ne pas avoir informé du décès par la défection du GSM de Hanane (mouillé par l’eau de la piscine). A-t-elle été poussée ou fut-elle battue à mort avant d’être jetée dans l’eau ?
C’est toute la question.
En attendant, le corps de la défunte est toujours dans une morgue. Les autorités consulaires marocaines refusent de rapatrier le corps sans un rapport d’autopsie.
Une triste histoire à suivre...

M. Amine - Al Bayane

  • Le calvaire de Touria Tiouli

    L'histoire de la Française d'origine marocaine, violée et retenue pendant six mois à Dubaï, sous l'accusation de « relations sexuelles hors mariage », est significative du mode de fonctionnement de la justice aux Emirats arabes unis. Retour sur une affaire qui avait fait beaucoup de bruit.

  • Une marocaine victime présumée de son père et de son frère

    Un père de sept enfants, Saïd Lahboub, ouvrier chez PSA, et son fils aîné Adile, 24 ans, ont été mis en examen il y a quelques jours pour « assassinat aggravé par la commission d'actes et de tortures et de barbarie » sur leur fille et soeur Anissa.

  • Mariage de plus en plus tardif au Maroc

    De nos jours, les Marocains se marient de plus en plus tard et quand ils le font, ils ne sont pas tout à fait jeunes. Ce célibat prolongé, plus perceptible chez les femmes que chez les hommes, est présenté par beaucoup, comme un choix plutôt qu'un destin.

  • Jeunes MRE : le pack mariage de 30 jours

    Les mariages mixtes se font de plus en plus rares au sein de la communauté des Marocains Résidents à l'Etranger. Les jeunes se rabattent de plus en plus sur le Maroc pour trouver celle qui partagera leur vie. Nous avons accompagné une famille d'immigrés pour en savoir plus. Déroutant. Désopilant.

  • Ben Barka : la famille réclame la déclassification du dossier

    La famille de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka, disparu en 1965 à Paris, a souhaité vendredi une "décision définitive" de la France sur la déclassification du dossier couvert par le "secret défense" depuis 39 ans.

  • La Moudawana tarde à s'imposer

    Adopté il y a un an, le code marocain de la famille qui a réformé en profondeur le droit des femmes fait face à des difficultés de mise en œuvre, des associations féminines dénonçant notamment le "conservatisme" des juges.

  • Enlèvements : jamais sans mon fils

    Ismaël Caruso est un jeune maroco-franco-espagnol de cinq ans dont la mère Nadia Tahiri, accuse le père, Mehdi-Michel Caruso, d'enlèvement. Le couple, divorcé depuis mars 2000, se disputait en effet la garde de l'enfant. Une affaire qui ranime le débat sur le conflit des juridictions au sujet d'enfants nés de mariages mixtes.

  • Code de la famille : une révolution à venir pour les Marocaines des deux rives

    Le nouveau code de la famille marocain représente une vraie révolution pour les femmes marocaines des deux rives de la Méditerranée, mais son application devrait prendre du temps, selon les participants d'un colloque franco-marocain qui se tient mercredi et jeudi à Rabat.

  • Canaries : Les hommes d'affaires boycottent le Maroc

    Les hommes d'affaires des Iles Canaries sont de plus en plus nombreux à manifester leur déception quant au développement des relations économiques entre l'archipel et le Maroc.

  • Neggafa - Hennayat : Une passion nommée Henné

    Les « Hennayat » ponctuent la vie des Marocaines. Présentes dans les fêtes et autres célébrations religieuses, ce sont des artistes de mère en fille. Portrait d'une profession à laquelle un grand artiste, Matisse en l'occurrence, s'est intéressé.