Mariage de plus en plus tardif au Maroc

- 11h44 - Maroc - Ecrit par :

De nos jours, les Marocains se marient de plus en plus tard et quand ils le font, ils ne sont pas tout à fait jeunes. Ce célibat prolongé, plus perceptible chez les femmes que chez les hommes, est présenté par beaucoup, comme un choix plutôt qu’un destin.

Si à une époque, la société était beaucoup moins clémente envers les filles dont le célibat se prolonge, les taxant systématiquement de "Bayrat " (vieilles filles), aujourd’hui l’idée même qu’on se fait de la "vieille fille" a énormément changé, surtout dans les villes où ce phénomène est le plus visible.

On parle plutôt de "célibataires", et ce terme qui, par le passé inspirait souvent la pitié, signifie aujourd’hui, pour de nombreux intéressés, indépendance et épanouissement. En effet, qui oserait aujourd’hui crier au scandale quand une fille de 30 ans ne s’est pas encore mariée ou quand un homme, la quarantaine bien sonnée, se complait dans un célibat qu’il trouve confortable ? "Moi, vieille fille ? J’ai plutôt l’impression de vivre comme je l’entends sans que personne ne vienne me demander de ne pas laisser traîner mes affaires ou d’éteindre ma lampe de chevet à 22 heures !", lance Fatiha, 41ans. On pourrait croire que je me console avec ces mots, mais franchement c’est un choix que j’ai fait et que j’assume, affirme-t-elle.

Au Maroc où le mariage reste le cadre d’union le plus prégnant, le concept même de l’union a été modulé par les mutations qui se sont produites dans la société. Un changement de comportement vis-à-vis du mariage a tout doucement commencé à se manifester par une tendance à la prolongation de l’état de célibat des filles comme des garçons, en raison notamment des études qui deviennent de plus en plus longues, des difficultés matérielles dues au chômage ou au niveau de vie assez coûteux.

Le passage du mariage précoce au mariage tardif s’est produit aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural même si dans ce dernier, les coutumes relatives aux décisions de mariage conservent encore tout leur poids. Une enquête du Centre d’études et de recherches démographiques (CERED), révèle en effet un recul très net de l’âge auquel les jeunes filles se marient.

Non seulement cette tendance se confirme à l’échelle nationale, mais elle s’accentue, souligne l’étude, dont un premier état a été présenté récemment par le Haut commissaire au Plan, M. Ahmed Lahlimi. Si en 1960, les Marocaines se mariaient à l’âge de 17 ans, en 1994, elles ne prenaient cette décision qu’à l’âge de 25 ans et aujourd’hui, elles le font à 27 ans et bien plus.

Cette tendance est appelée à s’accentuer encore davantage avec l’application de la Moudawana qui fixe à 18 ans, l’âge de mariage des jeunes filles. On relève cependant l’effet limité de cette "loi" du fait que la problématique de l’âge se pose de moins en moins dans la réalité.

MAP

  • Maroc : l'explosion du célibat

    « Célibattants, célibattantes », comme disent les magazines, vous êtes de plus en plus nombreux et vous comptez de plus en plus dans le paysage marocain. C'est le HCP (Haut-Commissariat au Plan) qui le dit, selon le recensement 2004.

  • Maroc : les cérémonies de mariage comme terrain de drague

    Les fêtes de mariage sont, au Maroc, de hauts lieux de rencontres pour les célibataires chérifiens. Elles constituent l'un des rares endroits où la drague est tolérée en présence des parents. Des parents, en l'occurrence les mères, d'ailleurs également sur le qui-vive, à l'affût d'une éventuelle bru ou d'un potentiel gendre pour leur progéniture.

  • Maroc : Baisse de la fécondité

    Le taux moyen d'accroissement démographique annuel au Maroc a connu une baisse, passant de 2,1% en 1982 à 1,4% actuellement en raison notamment d'un recul de la fécondité, selon des chiffres communiqués par le Haut commissariat au Plan qui établit la population légale recensée en septembre 2004, dans le royaume, à près de 30 millions d'habitants.

  • Mariage blanc : 'paye-moi 30.000 DH et je t'épouse'

    Lorsque le besoin de partir devient une nécessité et l'idée que l'avenir est ailleurs devient une obsession, tous les moyens sont bons pour atteindre son but. Y compris contracter un mariage “blanc” pour arriver, enfin, sur l'autre rive, la terre des promesses et du bonheur, l'étranger.

  • Les Marocains de moins en moins féconds ?

    Les Marocains se marient aujourd'hui plus tard et ont moins d'enfants qu'ils n'en avaient il y a 30 ans. C'est du moins la conclusion que permettent de tirer les dernières statistiques émises par les Nations Unies.

  • Le mariage en perte de vitesse au Maroc

    Les hommes et femmes en quête d'un(e) conjoint(e) sont de plus en plus désespérés. Au Maroc, l'offre n'est décidément plus compatible avec la demande. Pourtant, ce n'est pas la volonté qui manque. Les femmes et hommes bons à marier existent, mais encore faut-il qu'ils esquissent le premier pas.

  • Le calvaire de Touria Tiouli

    L'histoire de la Française d'origine marocaine, violée et retenue pendant six mois à Dubaï, sous l'accusation de « relations sexuelles hors mariage », est significative du mode de fonctionnement de la justice aux Emirats arabes unis. Retour sur une affaire qui avait fait beaucoup de bruit.

  • 600.000 enfants travaillent au Maroc

    Près de 600.000 enfants marocains, âgés de 5 à 14 ans travaillent, soit 11 pc du total des enfants (5, 4 millions d'enfants), a indiqué jeudi à Rabat l'administratrice nationale du programme international de l'abolition du travail des enfants (IPEC), Mme Malak Benchekroun.

  • Un an après la 'moudawana' demeure peu appliquée

    Depuis un an, la femme marocaine peut choisir librement son époux, sans avoir besoin de l'autorisation d'un tuteur, qu'il soit père ou grand frère. L'âge légal du mariage pour les filles a été aligné sur celui des garçons, c'est-à-dire 18 ans, au lieu de 15. Les droits de la femme mariée ont également changé. Le code de la famille nouvelle version reconnaît la responsabilité partagée du père et de la mère au sein de la famille. Il est désormais possible d'établir un contrat de partage des biens acquis pendant le mariage. Surtout, la femme marocaine a obtenu le droit de demander le divorce sans perdre la garde de ses enfants ou être de facto expulsée du domicile conjugal.

  • Banque Mondiale : soirée multiculturelle aux rythmes marocains

    Une cérémonie de mariage traditionnel marocain et une facette du folklore national, ont marqué la soirée artistique annuelle organisée, lundi à Washington, par la Banque Mondiale en guise de vitrine multiculturelle de plusieurs pays notamment du Moyen-Orient.