Homosexualité et offense à l’islam : lourde peine pour une enseignante française au Maroc

- 07h00 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Accusée d’avoir incité des élèves à l’homosexualité et offensé l’islam, une enseignante d’une école de la Mission française à Kénitra a écopé d’un an et demi de prison ferme. Une affaire qui suscite l’indignation de ses soutiens.

Le tribunal de première instance de Kénitra a rendu son verdict la semaine dernière, après trois années de procédure et dix-neuf audiences. La ressortissante française s’est vu infliger une peine d’un an et demi de détention, assortie d’une amende de 100 000 dirhams. La justice marocaine, dont la décision est relayée par le journal Assabah, l’a reconnue coupable d’« atteinte aux valeurs religieuses » et d’« atteinte à la pudeur publique ». La condamnation inclut l’obligation de suivre un accompagnement psychologique en prison, une interdiction d’approcher les deux mineurs concernés durant les cinq années suivant sa libération, ainsi que le versement d’un dirham symbolique aux parents plaignants.

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L’affaire a éclaté lorsqu’un couple a décidé de porter plainte contre cette professeure. Les parents lui reprochaient d’avoir tenu des propos insultants envers la religion musulmane et d’avoir abordé le thème de l’homosexualité en classe avec leurs enfants âgés de moins de dix-huit ans. Au cours de l’enquête menée par la police judiciaire, les témoignages des élèves ont été recueillis pour étayer les accusations. Face aux enquêteurs et aux magistrats, l’enseignante, assistée d’un traducteur lors des audiences, a toujours fermement nié l’ensemble des faits qui lui étaient imputés.

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Cette décision de justice provoque la colère et l’incompréhension d’une partie de la communauté éducative. Plusieurs parents d’élèves et d’anciens écoliers ont publiquement pris la défense de l’inculpée, organisant un rassemblement devant l’établissement pour dénoncer un « règlement de comptes ». Ces soutiens mettent en avant le professionnalisme et l’engagement de la professeure tout au long de sa carrière. La direction de la Mission française l’avait suspendue de ses fonctions dès l’année 2023, période à laquelle elle s’apprêtait à faire valoir ses droits à la retraite après des décennies d’enseignement.