Coulisses Les humoristes “beurs” font rire la Belgique

- 14h26 - Belgique - Ecrit par : L.A

Le fameux humour belge – mais version “beur” – fait des ravages chez nos voisins du Plat pays. Jeunes, drôles et irrévérencieux, ils font mourir de rire toute la Belgique, même si leur notoriété n’a pas encore traversé la frontière.

Latifa Zoubir Une “voix de cité”

Animatrice sur la chaîne Demain TV et chroniqueuse sur la radio Le Mouv’, Latifa Zoubir entend redorer le blason des banlieues trop souvent mal comprises. Elle n’en oublie néanmoins pas son pays d’origine, le Maroc, pour lequel elle ne manque pas de projets.

A tout juste 27 ans, et après un parcours éclectique, Latifa Zoubir est aujourd’hui animatrice télé et chroniqueuse radio. Deux missions qui lui permettent d’aller à la rencontre des gens, source de richesse pour elle.
Après des études d’histoire, Latifa intègre en 2001 le prestigieux cours Florent pour apprendre le métier de comédienne. “C’est là que j’ai senti pour la première fois le racisme parce qu’il n’y avait jamais de rôle pour moi”, se souvient-elle. Elle décide alors de passer à la réalisation puis écrit une première pièce, Leïla ou la nuit, l’histoire d’une révoltée qui s’acharne contre toutes les formes d’archaïsme, qu’elle présentera quelques mois plus tard à l’association Ni putes ni soumises.

En 2005, elle devient responsable du pôle jeune de l’association et va à la rencontre des adolescents dans les établissements scolaires. “A ce moment-là, j’ai senti que tout était possible, j’ai senti la tension chez les jeunes et j’ai pressenti les fameux événements des banlieues.” Après avoir quitté Ni putes ni soumises, elle fait la connaissance, en janvier 2006, de Fahim Benchouck, responsable d’antenne de la radio Le Mouv’.

Elle devient alors chroniqueuse de l’émission Esprit rock es-tu là ? et réalise des micro-trottoirs. Puis tout s’enchaîne. A peine quelques mois plus tard, elle est contactée par la chaîne Demain TV pour animer une nouvelle émission, Voix de cité. Le principe : aller dans un quartier en voie de rénovation urbaine et le faire parler à travers ceux qui le font vivre.

“Dans cette émission, nous recherchons qui est l’humain qui se cache derrière l’urbain. Nous sommes bien accueillis, nous sommes là pour créer du lien, et ce que je peux en dire, c’est que les gens aiment leur quartier, en dépit des problèmes. Et ils l’aiment encore mieux quand on leur donne l’occasion d’en parler. Je me sens à ma place dans une relation de proximité.”

Tantôt comédienne, tantôt journaliste, Latifa ne manque pas d’énergie et de projets, notamment quand il s’agit de son pays d’origine, le Maroc. “J’y vais régulièrement pour voir ma famille du côté de Casablanca. J’ai l’ambition de faire des choses dans ce pays. Je ne sais pas quand, tout ce que je sais, c’est qu’un jour ou l’autre, ça arrivera.”

Du moins pour le moment…

Moi, par exemple, je suis musulman. Mais c’est pas grave, je vais rien te faire !” Enfant terrible de la télévision belge – où il fut le premier présentateur d’origine marocaine –, danseur et comédien, Sam Touzani, 35 ans, ignore la grimace futile ou le ricanement imbécile. Le rire, estime-t-il, “doit pousser les gens à la réflexion”. Issu d’une modeste famille de sept enfants, laïc convaincu, révélé par son One human show puis par Allah Superstar, adaptation du roman iconoclaste de Yassir Ben Miloud, il s’est jusqu’à présent contenté de son public belge. “Ici, précise-t-il, les artistes peinent et galèrent, mais généralement, ils parviennent à concrétiser leurs projets. Sortir des frontières est autrement plus difficile…” Mais pourquoi, à l’exception de Devos, Poelvoorde et Philippe Geluck, les humoristes en rouge-jaune-noir peinent-ils à exporter leurs spectacles ? “Ce n’est certainement pas par manque de talent, tranche Sam Touzani. Il n’y a qu’à voir ceux qui se produisent sur les scènes de Mons, Liège ou Bruxelles. Leurs textes sont drôles et ciselés.” La faute à pas de place ? “La concurrence est forte, il y a beaucoup de comédiens talentueux parmi nos voisins”, admet pour sa part Mohamed Ouachen.

Prince de la mimique, roi des verbes qui claquent et des mots qui s’entrechoquent, il s’est fait connaître avec Je ne suis pas là pour foutre la merde, son premier one-man-show, où il raconte notamment l’histoire de sa famille, et comment elle est arrivée en Belgique. “Depuis septembre 2001, les choses ont changé, nous sommes beaucoup à évoquer les notions de religion, d’islam et d’immigration dans nos spectacles. Même si, personnellement, j’ai parfois envie de dire et de faire autre chose.”

En septembre prochain, il sera à Limoges pour rejouer Djurdjurassik bled : “Ce sera ma première vraie tournée en France. C’est comme ça le boulot, on fonctionne aux rencontres, au feeling…”

“Les Français apprécient l’autodérision”

Amitié et complicité, c’est encore la recette de Ben Hamidou, Bruxellois d’origine berbère, qui a fait ses armes au Club Med et les a affûtées sur les scènes de la capitale belge pour véritablement les dégainer avec Sam Touzani dans Gembloux ! Chronique d’une guerre oubliée. “Ce spectacle a pas mal tourné en France, raconte Ben. Percer le marché français est très difficile, mais je pense que les Belges y ont une bonne réputation parce que leurs productions, que ce soit au théâtre ou au cinéma, sont souvent de bonne qualité. Peut-être que je pourrais, comme d’autres l’ont fait, tenter ma chance en allant m’installer à Paris, mais je suis bien ici, je connais les gens, j’ai créé une association pour apporter la culture dans les quartiers…”

“C’est vrai qu’il y a une demande pour nos spectacles, embraye Sam Touzani. Je pense que les Français nous aiment bien, qu’ils apprécient notre autodérision et notre irrévérence. Ils ne se foutent plus de notre gueule comme il y a dix ans.” Primé en 2002 au Festival de Rochefort après avoir fait la pre-mière partie de Guy Bedos, il s’apprête à remettre le couvert au prochain Festival d’Avignon, en juillet prochain : “J’y présenterai mon dernier spectacle, Liberté-Egalité-Sexualité, précise-t-il. Ce sera en quelque sorte un test avant une nouvelle tournée française. J’avais eu quelques déboires avec Allah Superstar, que j’avais joué des centaines de fois en Belgique, mais dont la tournée française a été annulée après l’affaire des caricatures. Absurdement, les organisateurs craignaient que ce soit l’étincelle qui risquait de tout péter. Maintenant, je me dis que c’est peut-être le moment…”

Le Courrier de l’Atlas - Céline Fornali & Joël Matriche

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