L’illusion d’un retour des banques françaises face au rouleau compresseur marocain

- 21h00 - Maroc - Ecrit par : J.K

Face au désengagement massif des banques de détail françaises sur le continent africain, ce sont les établissements locaux et marocains qui occupent désormais le terrain. La France tente d’esquisser un nouveau modèle axé sur la banque d’investissement et l’innovation technologique.

Le constat dressé par Emmanuel Macron en janvier est sans appel : « Il y a quinze ans, nous étions une puissance bancaire et financière en Afrique. Tout le monde a vendu ». En 2011, la Société Générale s’imposait comme le deuxième groupe bancaire d’Afrique de l’Ouest, tandis que BNP Paribas et BPCE dominaient au Cameroun ou au Maroc. Aujourd’hui, ces géants français se sont massivement retirés de la banque de détail. La Société Générale s’est désengagée du Bénin et du Cameroun, et BNP Paribas prépare son départ du Maroc après avoir quitté l’Afrique de l’Ouest et centrale.

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Pour Estelle Brack, fondatrice de KiraliT, « la place a été prise par les établissements africains et marocains », comme le rapporte le magazine Jeune Afrique. Selon elle, les banques françaises obéissent à des contraintes de rentabilité et aux réglementations imposées par Bâle III et IV. Le retrait s’apparente à un choix stratégique visant à préserver les marges et limiter les risques. Le retour de l’influence française par le biais des agences classiques semble donc totalement illusoire.

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Pour renouer avec le continent, la France doit se réinventer. La mission confiée au député Hervé Berville vise à bâtir une nouvelle approche dans la perspective du sommet Afrique-France de mai 2026 à Nairobi. Les experts recommandent de cibler des services à forte valeur ajoutée : financements de projets, dettes souveraines, commerce international ou développement de fintechs. L’enjeu réside dans le soutien aux petites et moyennes entreprises, notamment en s’appuyant sur des acteurs publics comme l’Agence française de développement et sa filiale Proparco, capables de cofinancer des opérations structurantes avec des banques locales émergentes.