Transferts MRE : la nouvelle loi européenne qui fait trembler les banques marocaines

5 janvier 2026 - 11h00 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

C’est le branle-bas de combat dans les milieux financiers. À une semaine de l’entrée en vigueur de la directive européenne CRD6, l’inquiétude monte à Rabat. Ce nouveau cadre réglementaire pourrait compliquer les transferts d’argent de la diaspora, une manne vitale qui a dépassé les 111 milliards de dirhams à fin novembre.

Les banques marocaines retiennent leur souffle. La directive européenne n° 2024/1619, qui s’apprête à entrer en vigueur, impose des règles plus strictes aux succursales de banques étrangères opérant dans l’UE. L’objectif de Bruxelles est d’harmoniser la surveillance financière, mais l’effet collatéral pour le Maroc pourrait être lourd.

À lire : L’Europe veut bloquer les transferts des MRE

L’enjeu est colossal. Les transferts des Marocains du monde (MRE) représentent une véritable bouffée d’oxygène pour l’économie nationale, pesant près de 7,7 % du PIB. En 2024, la générosité de la diaspora a encore battu des records, soutenant des milliers de familles et renflouant les réserves en devises du Royaume.

Face à ce durcissement réglementaire, Bank Al-Maghrib et le gouvernement redoutent des perturbations. La crainte principale ? Que les nouvelles exigences de conformité ne freinent la fluidité de ces flux financiers essentiels.

Menace sur les coûts, pas sur les flux

Pourtant, certains experts appellent à la nuance. Pour l’économiste Driss Effina, l’alarmisme ambiant est exagéré. Il précise que l’impact opérationnel réel ne se fera pas sentir avant 2027, laissant une marge de manœuvre. La directive ne vise pas spécifiquement le Maroc et n’impose pas automatiquement la transformation coûteuse des succursales en filiales, sauf risque systémique avéré.

Le véritable danger se situe ailleurs. Si les banques marocaines doivent dépenser des fortunes pour se mettre aux normes européennes, elles risquent de répercuter ces coûts sur les clients. Une hausse des frais de transfert ou un allongement des délais pourrait alors se produire.

À lire : L’Europe veut bloquer les transferts des MRE vers le Maroc

Le risque final n’est donc pas l’arrêt des transferts, mais un changement de canal. Si les banques traditionnelles deviennent trop chères ou trop lentes, la diaspora pourrait massivement se tourner vers les Fintech et les solutions de paiement numériques, laissant les agences classiques sur la touche.

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