Transferts d’argent : Le Maroc lance l’offensive
Le Maroc prend la tête d’une fronde diplomatique à l’OMC pour stopper la saignée financière des migrants. Avec des frais atteignant 8,37 % en Afrique subsaharienne, le Royaume veut imposer une baisse drastique des commissions qui privent les familles de milliards de dollars vitaux.
Les travailleurs africains paient le prix fort pour aider leurs proches restés au pays. Les données de la Banque mondiale révèlent une anomalie coûteuse : envoyer de l’argent vers l’Afrique subsaharienne coûte en moyenne 8,37 % du montant, un taux bien supérieur à la moyenne mondiale de 6,65 %. Ce prélèvement grimpe même au-delà de 15 % sur certains corridors internes au continent, restant très loin de l’objectif de 3 % fixé par les Objectifs de développement durable.
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Rabat refuse ce statu quo et mobilise le Groupe africain. Le Royaume prépare un projet de déclaration ministérielle pour la 14ᵉ Conférence de l’OMC prévue en mars 2026, fait savoir Le Matin. L’ambition est d’obtenir un mandat officiel permettant d’instaurer des mesures concrètes de coopération multilatérale. L’initiative vise à rendre les flux financiers plus transparents et à lever les obstacles qui maintiennent ces tarifs prohibitifs.
L’enjeu économique dépasse largement l’aide internationale. Entre 2013 et 2022, la diaspora a injecté près de 870 milliards de dollars en Afrique, soit une fois et demie le volume des investissements étrangers et de l’aide publique réunis. Au Maroc, ces envois représentent 8 % du PIB et comblent plus du tiers du déficit commercial. Préserver cette ressource exige de moderniser les infrastructures : le plan marocain plaide pour l’interopérabilité des systèmes de paiement et la digitalisation afin de stimuler la concurrence et réduire la facture pour les 184 millions de migrants à travers le monde.