Transferts MRE : la nouvelle loi européenne menace les banques marocaines
Le compte à rebours est terminé. Avec l’entrée en vigueur imminente de la directive CRD6 ce 10 janvier 2026, les banques marocaines en Europe font face à un tour de vis réglementaire qui pourrait fragiliser les transferts d’argent des Marocains résidant à l’étranger vers le Royaume.
L’alerte vient de l’agence BMI-Fitch Solutions : la mise en application obligatoire de cette directive européenne risque de bouleverser le paysage financier pour les Marocains du monde. En imposant un cadre unique et strict, Bruxelles met fin aux systèmes nationaux qui permettaient une certaine souplesse. Désormais, les succursales de banques de pays tiers, dont celles du Maroc, pourraient être classées comme entités « à haut risque », les obligeant à se conformer à des normes de contrôle drastiques.
À lire : L’Europe veut bloquer les transferts des MRE
Le danger est économique et structurel. Si leurs actifs dépassent certains seuils ou si elles sont jugées systémiques, ces succursales pourraient être contraintes de se transformer en filiales à part entière. Une mutation qui engendrerait une explosion des coûts de fonctionnement, entre mises à niveau technologiques et exigences de capital. Face à cette pression financière, Fitch craint que certaines banques marocaines ne réduisent leur présence, voire ne se retirent purement et simplement du marché européen. Un scénario qui porterait un coup dur aux flux financiers des MRE, alors que ces transferts, vitaux pour l’économie nationale, atteignaient 117,7 milliards de dirhams en 2024.