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Immigration : Le rêve italien

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5 mars 2006 - 22h48 - Société

Tout ce qu’on sait, c’est qu’ils sont nombreux, même très nombreux, les « Marocani » en Italie. Aucune autorité, italienne ou marocaine, ne peut cependant se targuer d’en avoir les statistiques exactes.

A Milan, immigrés légaux et clandestins se mélangent, se solidarisent et cohabitent dans de véritables ghettos.

On s’étonne de les voir par centaines, parfois par milliers, squatter des journées durant les devants du Consulat d’Italie à Casa. A croire qu’on s’apprête à arracher un visa pour le Paradis. Et ils sont nombreux à le penser. Le rêve italien ne se limite plus à présent aux seuls jeunes aventuriers de Beni Mellal, Khouribga ou Fekih Ben Saleh. L’Italie se transforme de plus en plus en une destination d’immigration familiale.

Une fois le visa sous les bras, ce “document en or” qui colorie tout de suite la vie en rose, on n’hésite plus beaucoup sur la destination à prendre en Italie. Les immigrés marocains se dirigent, sans surprises, vers les régions, villes et quartiers qui connaissent une concentration de la communauté marocaine.

Là-bas, on est sûrs d’être accueillis, hébergés le temps qu’il faut, épaulés le temps de s’adapter et de voler de ses propres ailes dans ce pays accueillant. “Je suis arrivé à Milan il y a 3 ans avec dans la poche un bout de papier sur lequel un voisin au Maroc m’avait noté l’adresse de son cousin en Italie”, se rappelle nostalgique ce jeune Khribgui.

Milan est l’une des villes industrielles du Nord d’Italie qui attire un très grand nombre d’immigrés marocains. Contrairement à d’autres villes européennes côtoyées par nos compatriotes, comme Amsterdam ou Bruxelles, les Marocains de Milan ne sont pas visibles, ni même repérables, dans le centre-ville. On s’en étonnera d’ailleurs. “Mais les Marocani sont partout”, nous jettera un Italien. Il nous a pourtant fallu du temps pour en trouver, ou plutôt pour trouver “leurs” quartiers. “Ils sont seulement concentrés dans certains quartiers périphériques.

On n’en trouve pas beaucoup dans le centre de Milan”, corrigera un ressortissant marocain en Italie.
Pour arriver à San Donato, l’un des plus célèbres “quartiers marocains” de Milan, il faut descendre dans le tout dernier arrêt desservi par le métro milanais.
San Donato est le point le plus éloigné de cette ville immense. L’un des quartiers où les Marocains ont posé les bagages depuis des années. Ce dimanche matin, il présentait un véritable QG de la communauté marocaine.
Et pour cause, l’inévitable marché marocain du dimanche. Ce genre de marchés que les Marocains ont improvisés dans plusieurs villes européennes où ils ont choisi de s’installer.

Là-bas, on peut même négocier le prix de la tomate en dirhams, se ravitailler en viande halal, ou simplement s’offrir, l’espace de quelques heures, une virée au Maroc pour les nostalgiques. “C’est assez drôle en fait, on en arrive à mépriser la vie au Maroc.
On fait l’impossible pour immigrer en Italie, et lorsqu’on y est enfin, on fait tout pour retourner au pays, ne serait-ce que dans nos têtes. On se crée plusieurs petits Maroc en plein Milan”, lance avec humeur un commerçant.

Lamia Bouzbouz - La gazette du maroc

Mots clés: Immigration clandestine , Italie , Racisme

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