Immobilier : Des dizaines de MRE escroqués à Marrakech
Des dizaines de Marocains résidant à l’étranger et des ressortissants étrangers dénoncent une vaste escroquerie liée au projet « Caprice Immobilier » à Marrakech. Les victimes, flouées depuis cinq ans, réclament justice face à l’arrêt des travaux et l’absence de permis.
Le projet immobilier « Caprice Immobilier », situé dans la ville ocre, est la cible de plus de vingt plaintes pour escroquerie et fraude préméditée. Selon les témoignages recueillis par Al3omk, les victimes ont versé d’importantes sommes d’argent sur la base de contrats de réservation présentés comme réguliers par le directeur juridique de la société, avant d’être surprises par l’arrêt total du chantier.
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Une résidente en France a révélé que les quatrième et cinquième étages du bâtiment ne disposent ni de plans d’aménagement ni de permis de construire. Ces lots auraient pourtant été vendus dès 2019. « Le projet ne dispose d’aucune autorisation légale », souligne la plaignante, précisant que ces informations cruciales avaient été dissimulées lors de la signature des contrats de réservation.
Le dialogue avec le responsable du projet est aujourd’hui dans l’impasse. Les plaignants dénoncent un traitement « humiliant » et déplorent l’absence d’explications officielles de la part de la direction. Les victimes se retrouvent face à de simples employés dans les bureaux de vente, sans jamais pouvoir obtenir de solutions concrètes, ce qui accroît leur sentiment de frustration.
Les victimes dénoncent des reports judiciaires systématiques
Le mécontentement des MRE est exacerbé par une série de reports d’audiences incessants. Entre la présentation de certificats médicaux et des tentatives de conciliation organisées sans notification officielle, les plaignants dénoncent un déni de leurs droits. En février dernier, une énième audience de présentation a été reportée subitement sans que leur défense n’en soit préalablement informée.
Cette crise dépasse le cadre financier pour devenir un drame social profond. Contraints de multiplier les déplacements coûteux entre la France et le Maroc pour assister aux audiences, les victimes subissent une pression psychologique et professionnelle considérable. Le dossier a été transmis au procureur du Roi près le tribunal de première instance de Marrakech, mais aucune solution amiable n’a été proposée.
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L’impact de l’affaire s’étend désormais à l’entourage familial de dizaines de foyers. Les victimes réclament désormais l’ouverture d’une enquête urgente sur le sort de leurs plaintes et la restitution immédiate de leurs droits financiers. Pour ces familles, la poursuite des délais judiciaires ne fait que multiplier leurs souffrances et transformer ce litige immobilier en une crise humaine majeure.