Immobilier au Maroc : Bank Al-Maghrib tente de sauver le marché

- 21h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

Le nouveau registre des procurations immobilières, entré en vigueur début juin, paralyse les transactions. Face aux retards administratifs bloquant les ventes et les crédits, Bank Al-Maghrib multiplie les interventions d’urgence pour tenter de sauver le marché.

L’entrée en application de ce registre central a provoqué une véritable onde de choc. Les citoyens souhaitant acquérir un logement se retrouvent pris au piège par la lenteur des procédures de levée d’hypothèque. Ce blocage fige les opérations d’achat et de vente par procuration, tout en gelant l’octroi des prêts bancaires, y compris les financements participatifs Mourabaha. L’engorgement s’aggrave dans certains tribunaux qui réclament de nouvelles pièces justificatives sans le moindre préavis, entraînant une accumulation des requêtes et de multiples reports pour la signature des contrats officiels.

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Pour tenter d’endiguer cette crise, la banque centrale passe à l’offensive. La direction de la supervision bancaire a programmé des réunions dès la semaine prochaine avec le ministère de la Justice et les établissements financiers pour éradiquer ces obstacles. L’institution avait pourtant anticipé la situation en alertant les banques avant le premier juin, précise Al3omk. Des consultations antérieures avaient même permis l’élaboration d’un guide pratique, la nomination d’une unité de contact et l’activation d’une plateforme numérique permettant aux notaires d’effectuer directement leurs démarches.

Si les autorités judiciaires défendent une mesure destinée à moderniser le système et à stopper la falsification des actes, les experts s’inquiètent. Ces spécialistes du droit immobilier redoutent que cette rigueur procédurale excessive n’installe une incertitude juridique néfaste. Ils préviennent qu’une exigence administrative trop stricte risque de fragiliser la confiance des acteurs économiques. Le défi actuel consiste à trouver un juste équilibre : sécuriser les biens contre la fraude sans pénaliser les transactions conclues de bonne foi par des lenteurs bureaucratiques.