Immobilier : la vente sur plan démontre ses limites

- 16h49 - Maroc - Ecrit par : L.A

La vente en l’état futur d’achèvement semble connaître des difficultés énormes au Maroc. Dans la pratique, cette politique est, cependant, très courante même si elle est actuellement mise en cause par certains promoteurs immobiliers. Toutefois, c’est l’acquéreur qui est le maillon faible. En payant le prix d’un appartement qui n’existe que sur papier, rien n’indique qu’il aura, une fois les travaux achevés, l’appartement de son choix initial.

Des garanties s’imposent, donc, pour protéger les citoyens, qui ne peuvent pas généralement faire face aux puissants promoteurs immobiliers et à leur capacité de se dérober à leurs responsabilités vis-à-vis de leurs clients et ce ne sont pas les exemples qui manquent pour illustrer cette situation.

C’est en rapport avec cette thématique que la Fédération nationale des promoteurs immobiliers a organisé une rencontre à Casablanca pour présenter, analyser et proposer des amendements à la loi en vigueur.

Le séminaire de formation animé, le 24 février 2009 au siège de la FNPI, par Rachid Khayatey, vice-président de la Fédération nationale de la promotion immobilière, Noureddine Charkani président du Directoire de Wafa Immobilier et un notaire casablancais.

Les intervenants se sont arrêtés sur le renforcement du dispositif légal existant, la stimulation et la promotion du secteur immobilier ainsi que les avancées jugées très timides de cette forme de vente ou encore la frilosité des promoteurs.

Les conférenciers ont saisi opportunité pour souligner les avantages de la vente en l’état futur d’achèvement (VEFA). Elle permet, d’après eux, de dynamiser les ventes puisque le client est assuré ; professionnaliser le secteur de la promotion immobilière et protéger le promoteur de l’inscription d’une pré-notation. La VEFA permet aussi de vendre avant d’avoir construit tout en gardant la propriété et bénéficier des avances de vente.

Parmi les limites de cette forme de transaction, les intervenants ont retenu que l’application de la loi impose une logistique importante (promoteur-rédacteur d’acte), le dépôt du dossier auprès de la Conservation foncière avant le permis d’habitat, le règlement de co-propriété sans oublier les difficultés liées aux modifications.

De plus, l’acte authentique s’effectue par un professionnel agréé : la liste est annuelle et chaque année la liste des professionnels autorisés est attendue. Pour ce qui est de la caution bancaire, les professionnels mettent en cause la gestion lourde, la restitution de la caution à l’inscription de l’acte définitif à la conservation foncière ainsi que l’inégalité de traitement entre opérateurs publics et privés.

Les autres défaillances sont en rapport avec les références de l’autorisation, le droit de substitution et les problèmes de spéculation qu’il pose. Il est question, en dernier lieu, des réserves de l’acquéreur et la faculté de se désister qui risque de se traduire par des retards importants pour le promoteur.

Pour remédier aux limites du dispositif actuel de la VEFA, les promoteurs immobiliers proposent des amendements à la loi 44-00 entrée en vigueur le 8 novembre 2003. Il est ainsi suggéré que la loi doit prévoir la possibilité de modification de l’autorisation due à des impératifs techniques urbanistiques ou d’amélioration du projet. De même, le titre de propriété doit être impérativement immatriculé. D’après la Fédération des promoteurs immobiliers, un terrain non immatriculé peut présenter des dangers en matière de prêt, d’opposition et d’autorisation.

Dans son descriptif des prestations, la Fédération indique qu’à la livraison, le client peut contester la conformité des prestations et pour cela, on suggère la réalisation d’un appartement témoin avec la possibilité pour le promoteur de modification due à des impératifs techniques ou en cas de force majeure. La loi doit prévoir une attestation de parfait achèvement délivrée par un homme d’art (architecte). La loi doit prévoir un contrat de réservation avant l’achèvement des fondations avec dépôt de 5 à 10% du prix de vente chez le notaire qui sera désigné séquestre de ces sommes. Le promoteur pourra en disposer contre la remise d’une caution. Le promoteur pourrait ne pas remplir l’obligation de livrer, utiliser le bien à d’autres fins (exploitation ou location) tout ce qu’il encourt, c’est une indemnité de 10%, l’acquéreur pourrait ne pas remplir l’obligation, le promoteur se trouverait à la merci et au bon vouloir de l’acquéreur avec double engagement pour la caution qui continue à courir et la construction achevée à 100%.

Il est également suggéré que la caution doit prendre fin à l’obtention du permis d’habiter ou certificat de parfait achèvement et qu’en cas de désistement du client, si le promoteur dispose du permis d’habiter et du certificat de parfait achèvement, l’indemnité doit être dissuasive (au moins 20%).

Source : Libération Maroc - Mohamed Kadimi

  • Immobilier : la reprise pour bientôt ?

    Grand succès de la 2e édition du Salon international de la promotion immobilière « Darna » qui s'est achevée le 1er mars. Initiée par le ministère de l'Habitat, de l'Urbanisme et de l'Aménagement de l'espace et la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), cette édition attendait quelque 40.000 visiteurs, selon ses organisateurs.

  • L'Etat s'apprête à signer un contrat-programme avec les promoteurs immobiliers

    Les promoteurs immobiliers auront bientôt leur contrat-programme. Leur fédération finalise actuellement les mesures devant servir de base au dit contrat et tout porte à croire que sa signature est prévue pour cette année.

  • Logement sociaux : des cadeaux pour les promoteurs ?

    Les promoteurs immobiliers ont-ils eu gain de cause ? Aidés par la crainte de la crise et à force de multiplier la pression et les demandes d'incitations afin de continuer à produire les logements sociaux à 200.000 DH, le gouvernement a fini par céder. Actuellement, les discussions sont en cours entre le ministère de l'Habitat, le ministère de l'Intérieur et la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI) afin de mettre en place un nouveau dispositif de partenariat. Une commission tripartite a été créée pour boucler ce dossier.

  • Un baromètre des prix de l'immobilier verra le jour d'ici fin 2009

    Un baromètre semestriel des prix du secteur immobilier verra bientôt le jour. Le projet est porté, d'une part, par la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI) et, de l'autre, par Bank Al Maghrib en collaboration avec la Conservation foncière. Au départ, rappelons-le, chaque partie avait initié un projet à part, mais la fédération, qui avait cru être la seule à développer le concept, a fini par s'approcher de l'Institut d'émission pour que les deux projets soient fusionnés.

  • Les extraordinaires marges des promoteurs immobiliers au Maroc

    Le dernier rapport Mckinsey sur les extraordinaires marges des promoteurs immobiliers au Maroc, qui a révolté la Fédération des promoteurs immobiliers, jette les lumières sur les sacro-saints bénéfices des promoteurs immobiliers marocains.

  • La crise immobilière est bien là

    On a beau essayer de la dissimuler, la crise est bel et bien là. Plusieurs éléments confortent ce constat. En premier lieu, Bank Al-Maghrib a confirmé dans son dernier rapport sur la politique monétaire « une légère décélération de son rythme d'évolution ». Emanant de la plus haute autorité monétaire du pays, ces propos ne peuvent qu'être pris au sérieux.

  • Le ralentissement du marché immobilier fait baisser la part du noir

    « A quelque chose malheur est bon ». Ceux qui sont à la recherche d'un logement en ce moment apprécieront certainement ce vieil adage. Car s'il laisse les professionnels de l'immobilier dans l'expectative, le marasme que vit le marché de l'immobilier marocain profite aux acheteurs pour deux raisons.

  • Immobilier : chute des ventes à Marrakech, Casablanca et Rabat résistent

    En dépit du ralentissement sensible de l'économie, l'immobilier de luxe semble toujours avoir le vent en poupe et les grands groupes aussi bien nationaux qu'internationaux multiplient les annonces sur leurs produits. Golf à Bouskoura, resort à Marrakech, riad, villas... L'affichage et la presse écrite sont sollicités pour des campagnes de communication de grande ampleur. Reste à savoir si le marché est réellement porteur. Autrement dit, est-ce que le segment du luxe arrive à tirer son épingle du jeu dans un contexte de crise immobilière internationale ?

  • Haut standing : Après l'euphorie, retour à la normale

    Le ralentissement des transactions sur le segment du haut standing est expliqué différemment par les promoteurs immobiliers. Certains l'attribuent à la baisse importante de la demande étrangère, d'autres relèvent à un « retour à la normale » après l'euphorie de ces dernières années.

  • Impôts : l'immobilier dépité par le cru 2009

    « Insignifiant ! ». La formule est de Chakib Bennani, président de la Commission fiscale de la FNPI (Fédération nationale des promoteurs immobiliers), mais elle exprime la déception de la profession au sujet des mesures fiscales contenues dans la loi de Finances 2009. Comme prévu, celle-ci n'a pas tenu compte des doléances exprimées par les professionnels de l'immobilier à différentes instances et à différents responsables du gouvernement.