Istiqlal : un troisième mandat pour Abbas El Fassi

- 09h25 - Maroc - Ecrit par : L.A

Abbas El Fassi va rempiler pour un troisième mandat à la tête du Parti de l’Istiqlal. Il a été élu sans surprise, hier, Secrétaire général de la formation politique qui tenait son 15e Congrès général. Déjà, samedi, deuxième jour du Congrès, le suspense était levé. El Fassi était assuré de conserver son poste, après que M’Hamed El Khalifa eut décidé de retirer sa candidature.

Il était en effet le seul concurrent d’El Fassi. En fait, les observateurs s’attendaient à une réélection de ce dernier depuis l’adoption, il y a une dizaine de jours, par la Commission des statuts du parti d’un amendement l’autorisant à présenter sa candidature pour un troisième mandat.

Les statuts de la formation politique stipulent, en effet, que nul ne peut occuper le poste de secrétaire général plus de deux mandats. Cette dérogation exceptionnelle confirme Abbas El Fassi, s’il en était encore besoin, en tant que leader de l’Istiqlal. L’accueil qui lui a été réservé lors de l’ouverture des travaux du Congrès, vendredi dernier, présageait déjà du triomphe du Premier ministre. Dès le commencement de son discours, les 4500 congressistes ont donné le ton. Il était difficile au Secrétaire général d’arrêter le tonnerre d’applaudissements qui entrecoupaient son allocution.

En fait, le Secrétaire général a présenté à son auditoire un bilan jugé positif par les observateurs. « Une gestion saine, des comptes comptables clairs et surtout une rationalisation des dépenses qui font encore défaut à de nombreuses formations politiques », commente un politologue.

Dans sa déclaration de politique générale, Abbas El Fassi a réaffirmé que son parti s’en tient aux constantes qu’il a toujours défendues. Islam, monarchie constitutionnelle et intégrité territoriale ont ainsi été retenus comme valeurs à défendre par l’Istiqlal. El Fassi est également revenu sur le bilan de son gouvernement. De sa position de Premier ministre, il s’est déclaré « fier du bilan du gouvernement dans les divers secteurs ».

Certes, ce n’est pas la première fois que son parti capitalise sur la réussite de ses ministres. Ce fut déjà le cas lors de la campagne électorale pour les législatives de septembre 2007. El Fassi a également affirmé que l’Istiqlal va continuer à œuvrer avec les deux autres partis de la Koutla (USFP et PPS) à « étayer les grandes réformes, réhabiliter l’action politique et moraliser la vie publique ». Il a aussi promis de « relever le taux de représentativité de la femme, lors des prochaines élections communales à 15% ». Le Secrétaire général a, en outre, abordé les questions du dialogue social, du pouvoir d’achat, de l’investissement, de l’économie nationale et aussi de l’éducation et de la formation, de l’agriculture... insistant sur le fait que, malgré les acquis enregistrés, beaucoup reste encore à faire.

Lucide, Abbas El Fassi ne s’est pas laissé empêtrer dans un excès de positivisme. En homme politique averti, il a, certes, su contourner habilement « les inquiétudes » des militants en les rassurant sur l’avenir du parti. Formation politique qui est en train de combler graduellement certaines lacunes du passé. La tendance est désormais au rajeunissement des instances dirigeantes et à une plus grande ouverture sur et vers les bases. Un système de gouvernance qui a commencé à se mettre en place juste avant le scrutin du 7 septembre 2007.

En d’autres termes, ce n’est pas par hasard que Abbas El Fassi a parlé dans son discours de l’amélioration de la bonne gouvernance et de la tendance vers « une régionalisation confortant le développement intégré et harmonieux du pays ». Le système des fédérations, adopté et développé par l’Istiqlal, s’inscrit dans cet ordre d’idées.

Finalement, l’on peut dire que le Parti de l’Istiqlal a réussi son Congrès général. Tout était, il faut le reconnaître, bien orchestré, bien organisé. La formation politique de feu Allal El Fassi semble retrouver une nouvelle jeunesse ou, du moins, ses ingrédients. Reste à capitaliser sur ce nouvel élan. Mais, l’on peut être certain que c’est ce que ne manquera pas de faire Abbas El Fassi.

Source : L’Economiste - Jamal Eddine Herradi

  • Abbas El Fassi fait ses adieux à l'Istiqlal

    "Ma dernière mission au sein de l'Istiqlal est de veiller à bien gérer la participation du parti au prochain gouvernement" a déclaré Abbas El Fassi lors d'un discours assez émouvant, prononcé mercredi devant les députés du parti de l'Istiqlal.

  • Abbas El Fassi : "Le programme de Benkirane est populiste et démagogique"

    La langue d'Abbas El Fassi, leader de l'Istiqlal, semble s'être déliée. L'homme qui choisissait ses mots avec beaucoup de prudence, a critiqué dimanche le RNI et sa coalition pour la démocratie (G8), l'USFP et même son nouveau allié le Parti Justice et Développement.

  • Abbas El Fassi menace de démissionner

    Abbas El Fassi, premier ministre marocain, a affirmé dernièrement qu'il était prêt à démissionner de son poste de premier ministre, si cette position satisferait les responsables du parti de l'Istiqlal au sud du Maroc.

  • L'USFP accentue la pression sur Abbas El Fassi

    Les leaders de l'Union Socialiste des Forces Populaires (USFP), avec à leur tête Abdelouahed Radi, auraient exigé du premier ministre Abbas El Fassi, de conduire le train des réformes politiques et constitutionnelles en tant que chef du gouvernement.

  • Abbas El Fassi n'est plus premier ministre

    Abbas El Fassi a ordonné que le titre de premier ministre soit retiré des communiqués et documents officiels et même du portail de son ministère. Désormais Abbas El Fassi est bien président du gouvernement.

  • Abbas El Fassi pourrait démissionner

    Abbas El Fassi aurait confié à des membres du parti de l'Istiqlal, qu'il pourrait démissionner de son poste de Premier ministre dans trois ou quatre mois.

  • Abbas El Fassi écrit ses mémoires

    Le Premier ministre Abbas El Fassi serait en train d'écrire ses mémoires, dont il publierait la version arabe en premier et par la suite la version française.

  • L'Istiqlal menace de se retirer du gouvernement PJD

    Abbas El Fassi se serait plaint dimanche devant le bureau exécutif de l'Istiqlal, de la façon dont Abdelilah Benkirane a géré les négociations pour la formation du futur gouvernement.

  • Abbas El Fassi revoit la croissance à la baisse

    Trop beau pour être parfait. La sortie médiatique savamment préparée du Premier ministre Abbas El Fassi sur Al Oula, jeudi dernier, devait rassurer sur la bonne tenue de l'économie du pays ainsi que la bonne marche du processus de moralisation et de démocratisation de la vie politique. Tout était bien ficelé.

  • Abbas El Fassi appelle à des élections anticipées

    Le Premier ministre Abbas El Fassi a appelé samedi à l'organisation d'élections anticipées, car le Maroc serait sur le point de changer la loi suprême du pays et qu'il n'est pas logique de continuer à fonctionner avec un appareil législatif issu d'une ancienne constitution.