Jeunes : sexe, argent, religion, famille...

- 21h47 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Depuis 1994, plus de dix ans, il n’y a pas eu d’enquête de terrain sur les jeunes, ce qu’ils pensent, ce qu’ils font et comment ils le font.

Le Haut-Commissariat au Plan a bien tiré des sondages réguliers sur la population un « Cahier » publié en 2005, fort intéressant mais dont le sujet n’était pas exactement le comportement. On attend aussi avec le plus grand intérêt la partie du Rapport du cinquantenaire qui sera consacrée aux valeurs. Il y aura une analyse concernant plus particulièrement les jeunes.

La loi du silence

Mais jusqu’à maintenant, aucune grande enquête couvrant les villes et les campagnes, sur des tranches d’âge allant de 15 à 29 ans et sur des profils socioéconomiques variés, n’avait été conduite.

Au cours de leur travail, enquêteurs et analystes ont observé un phénomène tout à fait inattendu : on aurait juré que beaucoup de jeunes profitaient de cette enquête pour s’adresser à leurs parents et du côté des parents, souvent, la rigueur statistique a dû modérer la curiosité des parents : ils voulaient savoir quand leurs enfants, ou ceux des autres, voulaient parler.

Et pourtant, ils ne se parlent pas directement. Pudeur et respect ? Hypocrisie et mensonges ?
Ce ne sont pas des questions anodines. Et ce ne sont pas non plus des questions qui ne concernent que l’ordre privé, la famille. C’est devenu des questions de société.
S’il est vrai que les sociétés passent toutes par les mêmes stades, ce qui est loin d’être garanti, alors on pourrait en conclure que le Maroc est juste à la veille d’un conflit généralisé des générations. Les jeunes sont sur le point de prendre leur autonomie mais n’osent pas dépasser ouvertement les tabous sociaux. Ces tabous sont bien évidemment personnifiés par les parents, les voisins des parents, les amis des parents... Sur ce plan, les jeunes Marocains n’auront rien inventé.

En revanche, là où il y a de vraies différences avec les sociétés plus riches (mais peut-être pas plus avancées ?), c’est la force des liens financiers entre les générations. Il y en a dans les deux sens, très puissants, vitaux, devrait-on dire. Ces liens empêcheront-ils que le conflit des générations éclate ? Ou, au contraire, seront-ils les victimes du conflit, engendrant alors de terribles et tout nouveaux problèmes sociaux, voire politiques ? Ou bien encore, la société marocaine va-t-elle, comme elle sait si bien le faire, jouer sur tous les tableaux en même temps, pour le meilleur et pour le pire ?

Trois questions fondamentales

Cette investigation inédite dans les profondeurs de la société marocaine doit retenir toute notre attention.
• D’abord, ces jeunes sont les classes les plus nombreuses. Que leur façon de voir et de faire plaise ou non aux aînés, ces classes montantes s’imposeront tant par la biologie que par le nombre.

• Ensuite, ils dissimulent. Comme leurs parents l’ont fait avant eux ? Pas tout à fait. Pour les jeunes, il n’y a plus de frontières, sauf les murs toujours infranchissables des classes sociales. Dans l’ensemble de ce qu’ils dissimulent, qu’est-ce qui sera retenu pour construire un système de valeurs, puisqu’ils aspirent de moins en moins à ressembler aux adultes ?

• Enfin, s’ils n’ont pas de frontières, sont-ils philosophiquement et politiquement équipés pour faire face aux tentations totalitaires, aux séductions démagogiques ? Ce n’est pas sûr : ils sont nés pendant les années de plomb. Ils ont été élevés par des parents qui ne faisaient guère de politique, et bien peu de philosophie, mais qui mettaient et mettent toute leur énergie à rechercher pour leurs enfants une situation matérielle meilleure. C’est normal qu’ils cherchent dans la spiritualité et la religion, les références morales qui leur ont manquées, mais dans ce domaine, il y a des pièges et des faux-semblants. Sauront-ils les éviter ?
L’Economiste publie donc à partir d’aujourd’hui les premiers résultats de cette grande enquête. Les détails seront repris, dans une publication spéciale, à sortir courant février.

Nadia Salah - L’Economiste

  • Rachid El Ouali, l'accessible étoile du Maroc

    Au Maroc, il est une star. Un Tom Cruise qui ne se cacherait pas de ses fans. Cet acteur dont le parcours est lié à l'essor du cinéma de son pays, incarne à la ville comme à l'écran le Maroc qui joue et gagne « à domicile ». Il est l'invité de la cinémathèque régionale, en février.

  • Najat Saâdoune : une militante très populaire

    A Bruxelles, le nom de cette militante de longue date est sur toutes les langues. Vous voulez organiser une soirée de bienfaisance, acheminer une aide humanitaire ou encore parrainer un petit enfant abandonné...

  • Jamila Ysati : Beurs, blacks et entreprise

    Franco-marocaine, Jamila Ysati est arrivée en France après son bac. Elle a mené une double carrière d'enseignante-chercheuse à l'université Paul-Verlaine, à Metz, et de professionnelle de la communication. Beurs, blacks et entreprise (Editions d'Organisation, 2005) est un ouvrage lucide et concret, né de rencontres avec des jeunes issus de l'immigration et des chefs d'entreprise, à qui elle lance le même message : prenez vos responsabilités !

  • Affaire Servaty : 11 femmes libérées

    Onze des treize jeunes femmes qui étaient détenues à la prison d'Aït Melloul, dans le cadre de l'affaire dite du CD pornographique d'Agadir ont été libérées, croit savoir mardi le quotidien belge "Le Soir".

  • Mariages forcés des filles MRE : Des vacances qui se transforment en cauchemar

    Il n'existe pas d'étude exhaustive sur le sujet, simplement des histoires racontées par celles et ceux qui font remonter des réalités du terrain. Ces histoires sont celles de jeunes filles d'origine marocaine vivant en Europe victimes de mariages forcés. Au Maroc, en dépit de la réforme de la Moudouwana, cette pratique reste très courante dans plusieurs régions, surtout pendant la période estivale. Et pour de nombreuses jeunes filles, les vacances au pays se transforment souvent en cauchemar.

  • El Kantara, le pont entre la Corse et le Maroc

    Petru Mari a créé l'émission El Kantara il y a 5 ans. Passerelle radiophonique entre la Corse et le Maroc, l'émission vient de s'ouvrir à l'Algérie, à l'Egypte et à la Tunisie. Grâce à des reportages et des débats autour de thèmes communs, elle se bat chaque semaine contre l'intolérance. Découverte.

  • Marocains reconnus entièrement

    De plus ce nouveau potentiel d'électeurs de par ses exigences, peut « tirer vers le haut » nos politiques et servir de moteur -y compris- à notre jeunesse du Royaume qui a déserté le chemin des urnes.

  • Politique : Les jeunes boudent les partis

    A la veille des prochaines élections, la dépolitisation des jeunes demeure un constat quasi inébranlable. Peu de jeunes, en effet, se sont inscrits sur les listes électorales entre le 26 mars et le 14 avril. La jeunesse marocaine ne s'intéresse plus à la politique.

  • Maroc : Nos jeunes rêvent de partir

    Mille et un scénari peuvent être réalisés à partir de l'enquête initiée par le Haut Commissariat du Plan. Ces projections permettront au Maroc de choisir l'itinéraire du développement le plus sûr. En effet, si en général, les jeunes bercent le rêve d'un Maroc prospère et rayonnant, chacun d'entre eux se voit un devenir différent.

  • Le mariage en perte de vitesse au Maroc

    Les hommes et femmes en quête d'un(e) conjoint(e) sont de plus en plus désespérés. Au Maroc, l'offre n'est décidément plus compatible avec la demande. Pourtant, ce n'est pas la volonté qui manque. Les femmes et hommes bons à marier existent, mais encore faut-il qu'ils esquissent le premier pas.