Les premiers pas de l’immigration choisie

- 17h14 - France - Ecrit par : L.A

La France déploie peu à peu le schéma de l’immigration choisie promise par Nicolas Sarkozy durant la campagne électorale. Une première liste des métiers éligibles au programme d’« immigration choisie » est déjà prête, rapportent Libération et Les Echos du 29 octobre. En effet, deux listes de métiers dits « en tension » ont été établies par le ministère de l’Immigration. Celles-ci ne sont qu’un « document préparatoire », s’est empressé de tempérer le ministère de l’Immigration après leur publication.

Pour l’instant, ces documents font encore l’objet de discussions et ne deviendront définitifs que lorsqu’ils seront publiés au Journal officiel. Ils devraient entrer en application dès janvier 2008.

Pour les non-Européens, des postes qualifiés sont répertoriés dans une liste d’une trentaine de métiers : dessinateurs en électricité et électronique, informaticiens experts, conducteurs de travaux du BTP, … des professions nécessitant un diplôme de l’enseignement supérieur.

Le gouvernement décidera des quotas en fonction des besoins économiques du pays. En tout cas, au 1er janvier 2008, la région Île de France par exemple attendra 26.507 informaticiens d’études, Rhône-Alpes 3.411 dessinateurs du BTP, la région Provence-Alpes-Côtes d’Azur 2.241 chefs de chantier… Des emplois que pourront solliciter, entre autres, les Marocains disposant des compétences requises. Tout comme les autres travailleurs étrangers, européens ou non, ils pourront obtenir une autorisation de travail même si une personne déjà présente sur le territoire dispose des mêmes compétences. C’est ce que précise la loi sur l’immigration de juillet 2006. Les listes ne devraient donc pas fixer de plafonds.

Une autre liste traite des ressortissants de l’Union européenne. Elle comprend 152 métiers, la plupart peu qualifiés. Aux immigrés de l’Europe centrale, seront réservés les emplois de saisonniers, cuisiniers ou encore plombiers donc. En tant qu’Européens, ils ont la priorité : depuis leur entrée dans l’Union en 2004, ils bénéficient en effet d’un régime transitoire, facilitant leur accès au marché du travail français.

Ils ont eu accès à une soixantaine de métiers à partir de mai 2006, puis à 100 et bientôt à 152.

Déjà les syndicats sont montés au créneau. Force Ouvrière trouve « choquant que l’on choisisse ou rejette les travailleurs migrants en fonction de leur utilité économique et que l’on restreigne parallèlement la possibilité pour ces mêmes travailleurs de vivre en famille ». Le regroupement familial a, lui, été limité par la loi Hortefeux. Reste à savoir si les travailleurs qualifiés choisiront la France plutôt que leur pays. Un pari qui n’est pas gagné d’avance, l’exemple de l’Allemagne le montre. Les informaticiens indiens ne se sont pas précipités après que le gouvernement leur ait facilité l’obtention d’un permis de séjour.

Avant son récent séjour au Maroc, Nicolas Sarkozy, le chef d’Etat français, l’a encore rappelé : il souhaite que « l’immigration professionnelle passe de 7 à 50% ». Seront les bienvenues les personnes dont les compétences correspondent aux besoins de l’économie française.

Les baby-boomers, nés après la Seconde Guerre mondiale, sont ou approchent à grands pas de la retraite. Ce qui libère des emplois. Dans certains secteurs et régions, la demande d’emplois ne suffira pas à combler l’offre. Les besoins ont été évalués avec précision.

Serveurs, employés de ménage, soudeurs, informaticiens, conseillers, dessinateurs… seront les bienvenus. Accueillis à bras ouverts par les chefs d’entreprises dont les activités souffrent de pénurie de main-d’oeuvre, plutôt satisfaits de cette mesure. Pour eux, elle représente une solution face à la pénurie de personnes qualifiées ou prêtes à exercer certains métiers.

L’Economiste - Cécile Rubichon

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