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La journaliste Hajar Raissouni dénonce une "manipulation politique"

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6 septembre 2019 - 20h20 - Société

Placée en détention depuis le 31 août pour un « avortement » et « relations sexuelles illégales », la journaliste d’Akhbar Al Yaoum Hajar Raissouni, a annoncé par son conseil qu’elle va porter plainte contre la police pour torture "à la suite de l’examen médical forcé qu’elle a subi dans le seul but de la contraindre à avouer des actes qu’elle n’a pas commis”, indique son avocat dans un communiqué.

L’affaire du présumé avortement de la journaliste est assimilable à une affaire politique, relève Maître Mohamed Sadkou, avocat au barreau de Rabat et défense de la journaliste. Celui-ci a annoncé la nouvelle de sa déposition, après étude du dossier contre la police pour torture et traitement inhumain, cruel et dégradant sur sa cliente”, poursuit le même communiqué.

Le conseil estime par ailleurs que le bulletin de consultation truqué et tronqué est rédigé par le médecin et « rend compte à la fois des aveux que souhaitait obtenir la police et de la réalité de l’examen physique qu’elle a subi sans son consentement », en dépit des protestations formelles de la victime. Selon les propos de l’avocat rapportés par HuffPost, le but de toutes ces manipulations est de contraindre sa cliente à faire des aveux.

Alors qu’elle quittait le cabinet de son gynécologue pour une urgence due à une hémorragie, le 31 août 2019, la journaliste Hajar Raissoun, a été contrainte contre son gré et en dehors de toute procédure légale à une « contre-expertise » médicale d’une extrême violence, soutient-on.

Au regard de ces événements, tout porte à croire que cette affaire est politique. Son oncle enfonce le clou en avouant que sa nièce “est une journaliste courageuse qui traite des sujets qui fâchent et que les autorités cherchent à faire taire. C’est une fausse affaire de mœurs et une vraie affaire politique : les questions qu’ils lui ont posées n’ont rien à voir avec l’avortement. C’est la presse indépendante qui est encore attaquée ici”, relève l’oncle -t-il dans le même communiqué.

Pour la défense de la journaliste, cette affaire “soulève bien d’autres questions que celle du droit à l’avortement et notamment celle de la liberté de la presse et de l’indépendance de la justice au Maroc”.

Quant au Procureur du roi, devant lequel a comparu la journaliste suite à son arrestation les détracteurs de cette affaire font fausse route. « L’arrestation de la journaliste “n’a rien à voir avec sa profession”, a affirmé le procureur du roi. “Elle est due à sa visite dans une clinique qui a été contrôlée principalement sur la base d’informations obtenues par la police judiciaire sur la pratique habituelle d’avortements”, continue-t-il. Face aux accusations “d’avortement illégal” et de “relations sexuelles hors mariage”, Hajar Raissouni risque deux ans de prison ferme, rappelle sa défense.

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