La pauvreté au Maroc et la responsabilté politique

- 09h46 - Maroc - Ecrit par :

Le Centre d’Etudes et de Recherches Démographiques (CERED) publie régulièrement des rapports sur la situation démographique du pays et les conditions de vie de ses habitants. Intitulé « La lutte contre la pauvreté... Bilan et perspectives », le dernier document produit par le CERED fournit des informations sur la progression de la pauvreté au Maroc et les catégories sociales les plus pauvres.

D’après les éléments de ce rapport repris par la MAP, le taux de pauvreté au Maroc est passé de 13,1 % en 1990 à 19 % en 1999. Entre 1985 et 1998, le nombre de pauvres est passé de 4,6 millions à 5,3 millions.
A travers les indicateurs de pauvreté mentionnés par le rapport, on mesure mieux l’écart entre les populations urbaines et le monde rural. La population rurale représente 46,6 % de la population totale mais les ruraux souffrant de la pauvreté représentent 65,8 % du total des pauvres. Dans le monde rural 27,2 % de la population est touchée par la pauvreté alors que ce taux est de 12 % dans les villes.
Le rapport attribue cette augmentation de la pauvreté à plusieurs facteurs, notamment la succession de plusieurs années de sécheresse et la montée du chômage en milieu urbain. Sous couvert d’objectivité et de neutralité, les experts du CERED s’interdisent de mentionner la corrélation existant entre la montée de la pauvreté et la politique économique et sociale durant la période étudiée. Mais ce lien ne saurait être occulté.
Par essence, la succession d’années de sécheresse relève de l’aléatoire. Ceci n’interdit pas au gouvernement d’adopter un programme de lutte contre les effets de la sécheresse. Les gouvernements de droite qui ont dirigé le pays avant l’alternance s’abandonnaient à la passivité devant une situation considérée par eux comme relevant de la fatalité. Le rapport d’un organe scientifiquement indépendant leur inflige un blâme pour n’avoir pas su ou voulu réagir lorsque les problèmes n’avaient pas encore atteint une certaine acuité.
L’expérience conduite par le gouvernement d’alternance montre qu’une autre politique était possible, même si une part non négligeable des ressources de l’Etat devait être consacrée à la résorption des déficits laissés par la droite, notamment en matière de remboursement d’une partie des dettes extérieure et intérieure et paiement des charges laissées par la droite au niveau de la Caisse Centrale de Garantie, du CIH...
Pour la première fois depuis 1956, l’Etat a consacré plus de 7 milliards de dirhams au développement rural et à la lutte contre les effets de la sécheresse. En plus des enveloppes consacrées à honorer les engagements de l’Etat dans le cadre du dialogue social (6 milliards de dirhams), à éponger les arriérés à l’égard de la Caisse de retraites de l’ONCF (5 milliards de dirhams), des mutuelles de fonctionnaires (1,5 milliard de dirhams), de la Caisse marocaine des retraites (15 milliards de dirhams) et à alléger les dettes des petits agriculteurs à l’égard de la CNCA (1,3 milliard de dirhams).
Dans le cadre d’une seule législature, et dans une conjoncture économique difficile, la mobilisation des moyens nécessaires pour lutter contre la pauvreté s’avérait une tâche ardue. Mais non insurmontable dans la mesure où le gouvernement faisait preuve d’une volonté politique certaine.

Par Mimoun Habriche (AL BAYANE du 19/08/02).

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