La police marocaine affiche son ’Magazine’ dans les kiosques

- 16h12 - Maroc - Ecrit par :

Un nouveau mensuel a fait son apparition en février dans les kiosques du royaume : Police Magazine.C’est un journal improbable, sans équivalent dans le monde arabe, un mensuel qui marie l’eau et le feu : le directeur de la publication est un général, Hamidou Laânigri, bête noire des défenseurs des droits de l’homme, et le rédacteur en chef, un journaliste qui a fait ses classes dans la mouvance du Journal, l’hebdomadaire le plus contestataire du pays. Le reste de l’équipe est à l’avenant, qui mélange des commissaires de police, enseignants à l’école de police, et des journalistes professionnels.

Tiré à 50 000 exemplaires, avec une version en français et une autre en langue arabe, le premier numéro, riche d’un peu plus de cinquante pages, alterne reportages, sujets de société et chroniques impertinentes. Sous le titre "Un tueur nous a parlé", un journaliste raconte sa visite en prison à un Marocain condamné il y a peu à la peine capitale pour une série de crimes et d’actes de pédophilie. Comme s’il s’agissait d’appâter le chaland, l’article annonce que le récit du meurtrier est "riche de détails concernant chacun de ses actes".

Les âmes sensibles pourront se rabattre sur un autre reportage plus classique : "Une nuit avec les flics" ou peser les arguments d’un vieux débat sur le thème "Faut-il légaliser les drogues douces ?" Cerise sur le gâteau : les brèves de Police Magazine, empruntées à d’autres journaux, évoquent les dérapages d’une brigade de police de proximité à Casablanca et à Meknès, et de "violents affrontements" entre étudiants et forces de l’ordre à Fès.

Le magazine, explique son rédacteur en chef, Younès Jaouhari, ambitionne de "réconcilier la police avec le citoyen". "Nous voulons que police ne soit plus synonyme de répression. Il faut qu’émerge l’image d’une police citoyenne", explique-t-il. C’est aussi l’objectif du général Laânigri, directeur du mensuel mais surtout patron de la Sûreté nationale après avoir dirigé pendant plusieurs années la DST, le plus redouté des services de sécurité du royaume. Dans son éditorial, celui que l’on présente comme l’homme fort de la monarchie dresse le tableau du policier dont il rêve : "Fier de son uniforme sans être arrogant, accueillant sans être ni laxiste ni obséquieux et présent sur le terrain sans être oppressant." Appartenant à une police "qui agit dans la transparence et le respect des textes", conclut-il.

Quelques pages plus loin, dans un long entretien, le général parle en chef d’entreprise des 50 000 personnes qu’il dirige dont des "docteurs, des chercheurs, des penseurs, des stratèges". Il évoque des "structures orientées clients"et vante les vertus de la communication.

"BEAUCOUP DE PUB"

Police Magazine va-t-il percer sur le marché du magazine ? Younès Jaouhari est convaincu que le journal, vendu au même prix que les magazines féminins, il est vrai beaucoup plus copieux, a tout pour réussir. Son directeur à casquette lui laisse une liberté totale.

L’argent ne semble pas être un problème. La sortie du premier numéro a été accompagnée d’une campagne d’affichage à Casablanca. D’autres vont suivre dans les agglomérations du royaume. Une augmentation de la pagination est aussi prévue en même temps que des embauches de rédacteurs. Et la publicité rentre. Les concessionnaires automobiles, les compagnies d’assurances, les firmes informatiques... Tout le monde veut être dans Police Magazine. "Beaucoup de fournisseurs du ministère de l’intérieur ont demandé à passer de la pub", confirme le rédacteur en chef. Mais les lecteurs seront-ils au rendez-vous ?

Jean-Pierre Tuquoi - Le Monde

  • Acharnement contre Ali Lmrabet ?

    L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a critiqué vendredi "l'acharnement" des autorités marocaines contre le journaliste Ali Lamrabet qui se dit "empêché" de lancer un journal en remplacement de "Demain Magazine", hebdomadaire satirique interdit au Maroc en 2003 pour "outrage au roi".

  • Ali Lamrabet affirme être empêché de lancer un nouveau journal satirique

    Le journaliste marocain Ali Lamrabet a affirmé dans la presse subir des tracasseries administratives visant à l'empêcher de lancer un nouveau journal satirique au Maroc, en remplacement de "Demain Magazine", interdit.

  • Important remaniement à la tête du contre-espionnage marocain

    Le roi Mohammed VI du Maroc a procédé lundi à un important remaniement à la tête des services de contre-espionnage en nommant un civil à la direction de cette institution jusque-là confiée à des militaires. Le souverain a nommé Mohamed Yassine Mansouri, 42 ans, au poste de directeur général de la Direction générale des études et de la documentation (DGED) en remplacement du général de division Ahmed el Harchi. La DGED est autonome du ministère de l'Intérieur qui contrôle la Direction de la surveillance du territoire (DST), second pilier des services de renseignements marocains.

  • Moulay Hicham, cible d'attentats ?

    « Le Nouvel Afrique Asie » révèle que des attentats auraient vraisemblablement été planifiés contre le cousin germain du roi. Intox ou fuites d'informations ultrasensibles ?

  • 'Le Souk' Le mensuel interculturel

    Un titre barre la manchette du numéro de février 2005 : « 175 ans de belgitude ». A droite, une traduction du texte en arabe. En guise d'illustration : une vache peinte en noir-jaune-rouge - un tableau de « Marguerite »... « Le Souk », magazine d'actualité destiné à la communauté d'origine maghrébine, assume et revendique son caractère interculturel.

  • 'L'alchimiste' en version arabe

    « L'Alchimiste de Paulo Coelho sera édité en arabe au Maroc ». Cette information fut diffusée pendant la 4ème édition du Festival international du film de Marrakech à l'occasion de la venue de Paulo Coelho en tant que membre du jury. Mais aujourd'hui, cette information perçue par les amateurs de cet écrivain brésilien de renom comme étant une très bonne nouvelle, est aujourd'hui confirmée. Ce n'est pas de la fiction, le best-seller « L'Alchimiste » sera désormais édité en arabe au Maroc dans les éditions Marsam.

  • Ouarzazate : Une ville merveilleusement illuminée

    Les visiteurs du sud du Maroc verront certainement des étoiles paraître en foule après les couchers de soleil dans une partie du monde peu peuplée, a indiqué le magazine « Tourisme Islamique » dans son dernier numéro.

  • Un marocain assassiné à Johannesburg

    Un Marocain résidant depuis plusieurs années en Afrique du sud, a été assassiné jeudi à Johannesburg. A. Abdeljalil, 36 ans, originaire de Marrakech, aurait été violemment tabassé avant d'être achevé par le ou les assassins.

  • Le TGV Casablanca - Marrakech coûtera 3 milliards d'euros

    « Ce n'est pas un rêve », s'exclame le directeur général de l'Office national des chemins de fer (ONCF), Mohamed Rabie Khlie. Une étude préliminaire a été effectuée et confirme la rentabilité économique d'une ligne à grande vitesse Casablanca-Marrakech dans un premier temps, puis jusqu'à Agadir. Selon le ministère des Transports, « le Maroc confirme ainsi sa politique d'infrastructures. C'est déjà le cas avec les autoroutes. À présent, le réseau ferroviaire doit proposer une alternative aux usagers. »

  • Ferdaous, une graine de star

    Ferdaous est la toute jeune venue dans le monde de la chanson marocaine. Pour son baptême du feu, elle vient de lancer sur le marché son premier album, « Mounajate », et compte bientôt surprendre le public Marocain par un vidéo-clip. Entretien avec une chanteuse qui fait déjà parler d'elle.