Elle laisse ses deux enfants au Maroc pour travailler en Espagne et se retrouve à la rue

- 14h00 - Espagne - Ecrit par : Betty de G.

Elle était arrivée légalement en Espagne avec un contrat pour cueillir des fraises. Après avoir laissé ses enfants de 6 et 4 ans au Maroc, cette travailleuse raconte à CNN s’être retrouvée à la rue à la suite d’un conflit avec son employeur.

La correspondante Jomana Karadsheh l’a rencontrée à Almería, dans un centre de distribution alimentaire tenu par les Sœurs mercédaires de la Charité. Dans son reportage diffusé par CNN, la chaîne américaine raconte qu’elle n’avait encore rien mangé ce jour-là.

Certains jours, elle n’aurait même pas assez d’argent pour acheter de l’eau et du pain.

Son parcours avait pourtant commencé par une voie légale. La travailleuse explique avoir quitté le Maroc avec un contrat pour participer à la récolte des fraises en Espagne. Ses deux enfants, aujourd’hui âgés de 6 et 4 ans, sont restés au pays.

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Après un différend avec son employeur, tout aurait basculé. CNN indique qu’elle s’est retrouvée à la rue et cherche désormais du travail au jour le jour.

Elle résume simplement la raison de son départ : la pauvreté. Si elle avait eu de quoi vivre au Maroc, explique-t-elle à CNN, elle ne serait pas partie.

De la cueillette des fraises à l’aide alimentaire

Son témoignage apparaît dans une enquête consacrée à l’envers du décor de l’agriculture intensive d’Almería. La région, couverte d’immenses serres, produit chaque année des millions de tonnes de fruits et légumes destinés notamment aux consommateurs européens.

CNN y a rencontré plusieurs travailleurs originaires d’Afrique du Nord et d’Afrique de l’Ouest vivant dans des conditions particulièrement précaires. Certains attendent chaque matin sur des ronds-points ou au bord des routes qu’un employeur leur propose quelques heures de travail.

La chaîne rapporte également l’existence d’emplois non déclarés rémunérés sous le salaire minimum. Un travailleur ghanéen interrogé dans le même reportage affirme être payé cinq euros de l’heure pour travailler dans les serres, parfois sous une chaleur extrême.

Le cas de cette mère marocaine est toutefois différent : elle dit être entrée en Espagne avec un contrat de travail. Son histoire rappelle les difficultés déjà dénoncées par certaines saisonnières marocaines employées dans les champs espagnols, malgré les programmes de recrutement légal organisés entre les deux pays.

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À Almería, elle dépend aujourd’hui de distributions alimentaires tout en continuant à chercher du travail. Au Maroc, ses deux jeunes enfants attendent toujours leur mère, partie en Espagne précisément pour tenter de leur offrir une vie meilleure.