Le Lycée Averroès a ouvert ses portes à Lille

- 22h01 - France - Ecrit par :

Onze élèves de classe de seconde, six garçons et cinq filles, ont fait mardi matin à Lille (Nord) une rentrée très médiatique devant de nombreux journalistes présents pour l’ouverture des portes du premier lycée musulman privé de France.

« La médiatisation ? J’ai trouvé cela normal », a expliqué Mohammed Tassi, 15 ans, un des élèves de la classe de seconde du lycée Averroès. « Après, c’est mon choix personnel de faire mes études dans un lycée musulman », a-t-il ajouté. « C’était quand même un peu trop, tous ces journalistes », a tempéré Anas Saghrouni, 15 ans. Du côté des garçons, on se déclare « motivé » et préoccupé pour « obtenir le bac ».

Chez les filles, plus réservées, la possibilité de porter le foulard semble être la première motivation de leur inscription au lycée Averroès. « Je suis venue ici par choix personnel, même si mes parents m’y ont encouragée », a confié Samira, 16 ans, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille. « On peut être croyant sans foulard mais moi, je veux le mettre », a poursuivi une autre élève qui n’a pas accepté de donner son identité. Douze élèves étaient attendus ce mardi alors qu’en juillet dernier, les responsables du lycée avaient annoncé 31 inscriptions. Le petit nombre d’inscrits, tous musulmans pratiquants, n’en demeure pas moins un succès pour les initiateurs du lycée qui sont des membres de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), une organisation proche des Frères musulmans.

« C’est un grand jour pour l’Islam de France et la communauté musulmane qui ont fait un grand chemin pour la réussite de ce projet. Ce lycée est aussi une vitrine, un laboratoire pour l’UOIF », a expliqué à l’Associated Press Amar Lasfar, le recteur de la mosquée de Lille-Sud et président de l’association qui gère le lycée. « Ces premiers élèves sont en train d’écrire une page de l’histoire de la communauté musulmane dans leur pays. Il arrivera un jour où ils pourront dire, j’y étais », a-t-il ajouté.

Installé au deuxième étage de la mosquée Al-Imane (La Foi) à Lille-Sud, un quartier populaire de Lille, le lycée Averroès, du nom du philosophe arabo-andalou du XIIe siècle Abou al-Walid Ibn Rouchd, ne compte qu’une seule classe pour cette première rentrée. Le lycée Averroès, qui permet à ses élèves de suivre un enseignement religieux et des cours de culture arabe en plus des matières traditionnelles, n’organise pas son fonctionnement selon les horaires des prières à l’exception de la prière du vendredi midi.

« Ce lycée n’a pas une vocation strictement religieuse », a commenté Amar Lasfar, qui milite pour le port du voile depuis le début des années 90. Le recteur explique que si l’établissement est né, c’est en raison de l’exclusion de jeunes filles voilées des bancs de l’école publique. « Elles sont ici parce qu’elles peuvent porter le voile sans problème. Si on assimile toute jeune fille qui porte le voile ou tout homme qui porte la barbe au fondamentalisme, c’est une grande confusion », a-t-il dénoncé. « Je prêche un Islam respectueux des valeurs de la République. C’est légitime que les gens aient peur parce qu’ils assimilent tout à tout. La conjoncture internationale n’est pas favorable », a-t-il reconnu.

Frédéric Lépinay pour AP

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