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Le Maroc plaide pour une « solution durable » à l’émigration clandestine

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14 avril 2005 - 10h27 - Marocains du monde

Devant la Commission des droits de l’Homme à Genève
Le Maroc a plaidé, mardi à Genève devant la Commission des droits de l’Homme, en faveur d’un " partenariat responsable et volontariste" en vue de trouver une "solution durable" au problème de l’émigration clandestine, rappelant les efforts considérables déployés par le Royaume pour lutter contre cette forme de migration.

Intervenant lors de la 61-ème session de la Commission des droits de l’Homme, au titre de l’ordre du jour relatif aux travailleurs migrants, Mme Jalila Hoummane, de la Mission du Maroc auprès des Nations unies à Genève, a souligné qu’ "en raison de son caractère complexe et multidimensionnel (...) la migration doit être abordée à travers une approche globale et intégrée, basée sur l’ouverture, la coopération et la responsabilité partagée, et axée principalement sur le respect de la dignité humaine et la prise en compte des intérêts mutuels des pays d’origine, de transit et d’accueil ".

Déplorant que les migrants "continuent d’être la cible de politiques de plus en plus restrictives et se trouvent confrontés à des difficultés multiples à toutes les étapes du processus migratoire", la diplomate marocaine a rappelé que "la Convention internationale pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, entrée en vigueur le 1er juillet 2003 et dont le comité de suivi a été récemment mis en place, peut offrir un cadre juridique important pour le respect des droits fondamentaux des migrants ".
Or, a-t-elle regretté, " jusqu’à présent, seuls 28 pays en développement l’ont ratifiée".

"Nous espérons que les pays d’accueil, notamment, puissent adhérer à cet instrument le plus rapidement possible pour que les garanties qui y sont prévues deviennent une réalité ", a déclaré la diplomate.

Evoquant " la gravité du phénomène de la migration irrégulière (...) devenue à l’heure actuelle un véritable fléau en raison de l’implication de réseaux mafieux de trafic illicite des personnes à l’échelle mondiale ", Mme Hoummane a souligné comment " le Maroc, un des pays les plus touchés en raison de sa position géographique de proximité avec le continent européen, a adopté une stratégie qui s’inscrit dans une logique globale, intégrant les aspects juridique, institutionnel, sécuritaire, social et économique, faisant de la lutte contre les réseaux criminels une action prioritaire ".

" Sur le plan législatif, a expliqué la diplomate, la loi 02-03 sur l’entrée et le séjour des étrangers au Maroc, vise à cet égard à renforcer la criminalisation des activités liées au trafic et à sauvegarder les droits des étrangers puisque les voies de recours y sont explicitement reconnues.

En outre, deux institutions de haut niveau ont été créées : il s’agit, en premier lieu, de la Direction de la migration et de la surveillance des frontières, dont la mission consiste à répondre avec efficacité, célérité et cohérence à l’exigence de la surveillance opérationnelle des frontières et de l’investigation à travers tout le territoire national pour contrecarrer les stratégies de plus en plus sophistiquées développées par les réseaux de trafic des migrants. L’Observatoire de la migration joue, pour sa part, le rôle de forum de réflexion et d’analyse multidisciplinaire regroupant toutes les parties concernées par la question migratoire".

"Cette stratégie multiforme, a poursuivi l’intervenante, a permis de réviser les statistiques des candidats à l’émigration irrégulière, étrangers et nationaux à la baisse.

Parallèlement, une augmentation de près de 33 % de réseaux démantelés au cours de la période janvier-octobre 2003 a été enregistrée. "La formation continue des magistrats et des policiers constitue, dans le cadre de cette stratégie nationale, une priorité pour une meilleure intégration dans leur travail quotidien de la protection « des droits des migrants » en tant que composante essentielle du respect des droits humains en général", a-t-elle ajouté. "Partant de la réalité complexe du phénomène de l’émigration irrégulière qui transcende les frontières étatiques, le Maroc appelle à une action concertée, dans le cadre d’un partenariat responsable et volontariste entre toutes les parties prenantes, ayant pour objectif de trouver une solution durable qui passe inévitablement par l’éradication des racines profondes (du phénomène de la migration clandestine), qui se nourrissent de la misère, du sous-développement et des crises multiples ", a conclu la diplomate marocaine.

Lematin.ma

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