Le Maroc plaide pour une « solution durable » à l’émigration clandestine

- 10h27 - Maroc - Ecrit par :

Devant la Commission des droits de l’Homme à Genève
Le Maroc a plaidé, mardi à Genève devant la Commission des droits de l’Homme, en faveur d’un " partenariat responsable et volontariste" en vue de trouver une "solution durable" au problème de l’émigration clandestine, rappelant les efforts considérables déployés par le Royaume pour lutter contre cette forme de migration.

Intervenant lors de la 61-ème session de la Commission des droits de l’Homme, au titre de l’ordre du jour relatif aux travailleurs migrants, Mme Jalila Hoummane, de la Mission du Maroc auprès des Nations unies à Genève, a souligné qu’ "en raison de son caractère complexe et multidimensionnel (...) la migration doit être abordée à travers une approche globale et intégrée, basée sur l’ouverture, la coopération et la responsabilité partagée, et axée principalement sur le respect de la dignité humaine et la prise en compte des intérêts mutuels des pays d’origine, de transit et d’accueil ".

Déplorant que les migrants "continuent d’être la cible de politiques de plus en plus restrictives et se trouvent confrontés à des difficultés multiples à toutes les étapes du processus migratoire", la diplomate marocaine a rappelé que "la Convention internationale pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, entrée en vigueur le 1er juillet 2003 et dont le comité de suivi a été récemment mis en place, peut offrir un cadre juridique important pour le respect des droits fondamentaux des migrants ".
Or, a-t-elle regretté, " jusqu’à présent, seuls 28 pays en développement l’ont ratifiée".

"Nous espérons que les pays d’accueil, notamment, puissent adhérer à cet instrument le plus rapidement possible pour que les garanties qui y sont prévues deviennent une réalité ", a déclaré la diplomate.

Evoquant " la gravité du phénomène de la migration irrégulière (...) devenue à l’heure actuelle un véritable fléau en raison de l’implication de réseaux mafieux de trafic illicite des personnes à l’échelle mondiale ", Mme Hoummane a souligné comment " le Maroc, un des pays les plus touchés en raison de sa position géographique de proximité avec le continent européen, a adopté une stratégie qui s’inscrit dans une logique globale, intégrant les aspects juridique, institutionnel, sécuritaire, social et économique, faisant de la lutte contre les réseaux criminels une action prioritaire ".

" Sur le plan législatif, a expliqué la diplomate, la loi 02-03 sur l’entrée et le séjour des étrangers au Maroc, vise à cet égard à renforcer la criminalisation des activités liées au trafic et à sauvegarder les droits des étrangers puisque les voies de recours y sont explicitement reconnues.

En outre, deux institutions de haut niveau ont été créées : il s’agit, en premier lieu, de la Direction de la migration et de la surveillance des frontières, dont la mission consiste à répondre avec efficacité, célérité et cohérence à l’exigence de la surveillance opérationnelle des frontières et de l’investigation à travers tout le territoire national pour contrecarrer les stratégies de plus en plus sophistiquées développées par les réseaux de trafic des migrants. L’Observatoire de la migration joue, pour sa part, le rôle de forum de réflexion et d’analyse multidisciplinaire regroupant toutes les parties concernées par la question migratoire".

"Cette stratégie multiforme, a poursuivi l’intervenante, a permis de réviser les statistiques des candidats à l’émigration irrégulière, étrangers et nationaux à la baisse.

Parallèlement, une augmentation de près de 33 % de réseaux démantelés au cours de la période janvier-octobre 2003 a été enregistrée. "La formation continue des magistrats et des policiers constitue, dans le cadre de cette stratégie nationale, une priorité pour une meilleure intégration dans leur travail quotidien de la protection « des droits des migrants » en tant que composante essentielle du respect des droits humains en général", a-t-elle ajouté. "Partant de la réalité complexe du phénomène de l’émigration irrégulière qui transcende les frontières étatiques, le Maroc appelle à une action concertée, dans le cadre d’un partenariat responsable et volontariste entre toutes les parties prenantes, ayant pour objectif de trouver une solution durable qui passe inévitablement par l’éradication des racines profondes (du phénomène de la migration clandestine), qui se nourrissent de la misère, du sous-développement et des crises multiples ", a conclu la diplomate marocaine.

Lematin.ma

  • Droits de l'Homme : Le Maroc expose ses réformes

    Le Maroc a exposé jeudi à Genève devant la Commission des Droits de l'homme, les grandes lignes des réformes qu'il a entreprises ces dernières années en vue de promouvoir les droits de la femme marocaine et de favoriser son émancipation aux plans politique, social, économique et culturel.

  • La communauté marocaine à l'étranger, quels enjeux ?

    La contribution des Marocains résidant à l'étranger (MRE) à l'essor économique qu'a connu l'Europe après la deuxième guerre mondiale n'a pas été appréciée à sa juste valeur, a indiqué, jeudi à Rabat, Mme Nouzha Chekrouni, ministre déléguée chargée de la Communauté marocaine résidant à l'étranger.

  • Le Maroc a démantelé 60% des réseaux d`immigration clandestine

    Le ministre marocain de lIntérieur Al Mostafa Sahel a indiqué que 60% des réseaux démigration clandestine ont été démantelés dans le pays entre 2003 et 2004 et que 26.000 tentatives pour joindre illégalement le sud de l`Europe ont été mises en échec.

  • Maroc : nouvelle approche sur l'émigration

    Le Maroc, conscient de l'ampleur du défi de la migration, "s'investit pleinement avec ses partenaires du bassin méditerranéen, pour définir et tracer une approche globale en vue d'appréhender ce phénomène", a affirmé, lundi soir à Zacatecas (centre du Mexique), Mme Nouzha Chekrouni.

  • Chekrouni : 'La migration doit être considérée sous l'angle d'un apport positif'

    La problématique de la migration doit être considérée sous l'angle d'un apport positif en relation avec tous les domaines concernés par les objectifs du millénaire, a souligné, mercredi à Marrakech, Mme Nouzha Chekrouni, ministre déléguée chargée des Marocains résidant à l'étranger.

  • Mohamed Bouzoubaa à Genève

    Une importante délégation marocaine, conduite par le Ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaa, participe cette semaine aux travaux de la 61e session de la Commission des Droits de l'Homme. Dès lundi, en marge de l'ouverture des travaux de la Commission, Bouzoubaa a entamé une série de contacts et d'entretiens avec des Ministres et délégués de pays amis du Maroc, ainsi qu'avec des responsables d'organisations internationales.

  • Maroc : -65% de tentatives d'émigration clandestine

    Les tentatives d'émigration clandestine à partir du Maroc ont connu une baisse significative en 2006 en raison d'un contrôle très strict des frontières et de la lutte contre les réseaux de passeurs.

  • Nouzha Chekrouni plaide pour les émigrés

    Victimes de phénomènes de déracinement, de marginalisation et d'exclusion, les immigrés marocains basés à l'étranger sont aujourd'hui la cible, malgré eux, d'une traque organisée en occident et qui vise à lutter contre le terrorisme et la criminalité transnationale.

  • Latifa Jbabdi honorée à Washington

    Latifa Jbabdi, militante associative et des droits humains, est à l'honneur cette semaine à Washington où l'ONG américaine « Vital Voices » la récompense pour sa contribution à l'amélioration de la situation de la femme au Maroc, à la reconnaissance de ses droits et son accès à l'égalité.

  • 230.000 Marocains établis dans des pays arabes

    Quelques 230.000 ressortissants marocains sont établis dans des pays arabes, dont 120.000 en Libye, a indiqué mercredi la ministre déléguée chargée des Marocains résidant à l'étranger.