Le Maroc s’attaque au blanchiment d’argent

- 22h25 - Maroc - Ecrit par : L.A

La Chambre des conseillers, après celle de la Chambre des représentants, a entamé, mardi, ses débats sur le projet de loi sur le blanchiment d’argent.

Avec celui de la lutte contre la corruption, celui-ci complète l’arsenal juridique permettant de lutter, non seulement contre le trafic de drogue, mais également contre le crime organisé et le terrorisme. Le projet ambitionne d’amener le Maroc à respecter les recommandations issues des conventions de l’Onu relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la lutte contre la criminalité transnationale organisée.

Ce projet de loi respecte également la convention relative à la répression du financement du terrorisme approuvée en juillet 2004, ainsi que les recommandations des organisations internationales œuvrant dans ce domaine. Le texte du projet s’inspire, en partie, des quarante recommandations du Groupe d’action financière sur le blanchiment de capitaux, mis en place en 1990.

Ces dispositions établissent des normes pour les systèmes juridiques nationaux, les banques et les institutions financières, notamment dans les domaines de l’identification des clients et de la tenue des dossiers. Outre l’incrimination du blanchiment de capitaux, l’incitation des personnes concernées à la vigilance et à la dénonciation de toute opération suspecte, il stipule la création d’une unité centrale chargée de contrôle des informations, ainsi qu’un système interne de vigilance et de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Il prévoit également l’établissement d’une coopération internationale avec les autorités ayant les mêmes attributions que l’unité en charge du traitement des données financières dont la création est prévue par cette loi. Il a pour objectif d’interdire l’exploitation du système financier à des fins illégales et l’introduction de capitaux générés par des activités criminelles ou délictuelles dans l’exercice économique et financier légal.

Les établissements de crédit, les banques, les sociétés holding offshore, les compagnies financières, les sociétés d’assurance et de réassurance, les contrôleurs des comptes, les comptables externes, les conseillers fiscaux, ainsi que les propriétaires et les gérants de casinos ou jeux de hasard, sont autant d’entités impliquées dans le dispositif de lutte contre cette pratique. Toutefois, pour Transparency Maroc, la priorité reste "de savoir quels seront les mécanismes qui permettront l’autonomie et l’efficacité du travail de la commission interministérielle chargée de surveiller l’argent sale".

Mesures répressives

Le projet de loi donne une définition claire au blanchiment de capitaux. Il correspond à toute tentative de perpétrer un acte dans le but de dissimuler l’origine de l’argent ou des biens dérivés d’une activité criminelle. Il s’agit d’un "processus par lequel l’argent résultant d’une activité criminelle est transformé en argent propre, dont l’origine criminelle est difficile à retracer".

Ce premier article prévoit des sanctions en cas d’infraction. Pour les personnes physiques, les peines d’emprisonnement peuvent aller de deux à cinq ans et les amendes de 20.000 à 100.000 de dirhams. Alors que pour les personnes morales, l’amende débute à 500.000 de dirhams et peut aller jusqu’à 3.000.000 de dirhams. La récidive, l’utilisation des facilités offertes par une activité professionnelle et la perpétuation d’infraction en bande organisée ou de façon habituelle entraîne automatiquement le doublement des peines.

  • Jumelage avec l'UE dans la lutte contre le blanchiment de capitaux

    Une initiative pour l´appui au développement au Maroc d'un système global de lutte contre le blanchiment de capitaux et de mise en place d'une Unité de traitement du renseignement financier.

  • Espagne : identification des immigrés transfèrant des fonds vers l'étranger

    Les bureaux de change et de transfert d'argent en Espagne sont tenus d'identifier formellement les immigrés qui transfèrent des fonds vers leurs pays et d'exiger un justificatif de l'origine des fonds si le montant des transferts dépasse 3.000 Euros par trimestre.

  • Une banque euro-méditerranéenne ?

    C'est demain 22 janvier que le projet de création d'une banque euro-méditerranéenne sera présenté au Conseil de l'Europe. Cette nouvelle institution viendra renforcer les institutions déjà présentes, notamment la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque européenne d'investissement (BEI), à travers la Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat (FEMIP) et la Banque de développement du conseil de l'Europe (CEB).

  • L'Espagne favorise les transferts financiers des immigrés

    L'Espagne a décidé d'encourager les transferts financiers des immigrés vers leurs pays d'origine afin de contribuer au financement du co-développement.

  • Maroc / terrorisme : Peines de mort pour les condamnés

    La chambre criminelle de Salé a condamné, vendredi soir, Youssef Addad et Abdelmalek Bouizakarne à la peine de mort pour divers motifs, notamment pour "homicide volontaire".

  • L'Espagne encourage les transferts financiers des immigrés

    Le gouvernement espagnol a été appelé, mercredi, à encourager les transferts financiers effectués par les immigrés vers leurs pays d'origine, à travers notamment une baisse des commissions d'envoi.

  • Le Maroc se joint à « l'Initiative globale de lutte contre le terrorisme nucléaire »

    Le Maroc a endossé la déclaration de principes adoptée par la première réunion de l'Initiative Globale de lutte contre le terrorisme nucléaire dont les travaux ont débuté lundi à Rabat.

  • Maisons d'hôtes et riads hors la loi

    Plus de 85 % des riads à Marrakech sont détenus par des étrangers (essentiellement français) qui se sont improvisés hôteliers et exerçant en toute clandestinité en dépit de la loi 61-00 portant sur le statut des établissements touristiques. Laquelle loi fait obligation aux gérants et propriétaires des maisons d'hôtes classées d'adhérer à une association représentative de leur activité.

  • Maroc/Cameroun : 7 accords de coopération

    Le Maroc et le Cameroun ont signé sept accords de coopération. Ces accords portent sur les domaines de l'investissement, du transport aérien, de l'énergie, de l'enseignement supérieur, de la formation professionnelle, de l'habitat et de la culture.

  • Corruption : palme d'or pour le Maroc !

    Quelque 60% de Marocains ont donné des "pots-de-vin" en 2006, selon l'enquête du Baromètre global de la corruption de Transparency International.