La Logan marocaine décroche son ticket pour l’Egypte

- 21h34 - Maroc - Ecrit par : L.A

C’est peut-être le bout du tunnel pour la Logan qui pourra fouler le territoire égyptien avec 0% de droits de douane après deux ans de blocage. « Nous n’avons jamais été aussi proches de la solution avec les autorités égyptiennes », explique un haut cadre de l’administration marocaine.

L’espoir est permis, surtout après une visite effectuée par une importante délégation égyptienne à la fin de juin au Maroc. Sept directeurs centraux représentant plusieurs administrations, dont le commerce extérieur, l’industrie et les douanes, entre autres, accompagnés de plusieurs consultants ont, en effet, fait le déplacement au Maroc. Objectif : constater de visu le processus de fabrication de la Logan pour valider le taux d’intégration des pièces fabriquées localement et discuter avec les responsables marocains des derniers détails pour préparer l’annonce officielle.

Le principe de cumul paneuropéen n’a pas joué

La délégation égyptienne a tenu à tout vérifier. D’abord un passage obligé par les chaînes de montage de la Somaca à Aïn Sebaâ. Tournée qui, selon un responsable de l’usine, a permis aux hauts fonctionnaires égyptiens de se rendre compte des capacités industrielles et « de comprendre aussi, explique la même source, qu’il s’agit d’un véritable projet industriel de grande envergure ».

Une visite qui, nous dit-on, a été très instructive, certains membres de la délégation avouant même, au terme de cette visite, qu’ils ne connaissaient pas véritablement le process. Pour autant, cela n’était pas suffisant. Au centre de la polémique entre le Maroc et l’Egypte au sujet de la Logan, le fameux taux d’intégration a généré bien des frictions entre les deux pays.

En vertu de l’accord de libre-échange signé à Agadir entre les quatre pays (Maroc, Egypte, Jordanie et Tunisie), il fallait que 40% de la valeur de la Logan soient constitués de pièces fabriquées au Maroc, pour pouvoir être exportée dans l’un des trois autres pays, en franchise de droits de douane.

Or, depuis l’entrée en vigueur de l’accord d’Agadir, les autorités égyptiennes avaient toujours refusé d’appliquer la franchise sous prétexte que la Logan ne respectait pas ce taux d’intégration minimale. La fermeture de l’usine de Goodyear a même poussé les Egyptiens à camper sur leurs positions, arguant d’une baisse dudit taux d’intégration.

« Faux », répond du côté de la Somaca une source autorisée. « Non seulement le taux d’intégration est supérieur à 40% mais, en plus, il y a le principe de cumul paneuropéen qui nous permet de considérer les pièces d’origine européennes dans le taux d’intégration du moment que le Maroc et l’Egypte sont tous deux signataires d’un accord d’association avec l’Europe », explique un haut cadre de la douane. Mieux.

Les responsables de la Somaca assurent qu’avec ce principe de cumul, le taux d’intégration de la Logan dépasse les 90%. Malgré une série de réunions et de discussions qui ont duré plusieurs mois, les Egyptiens ne voulaient rien céder : la Logan c’est niet !

Une douzaine de monteurs égyptiens locaux à protéger

La visite de la délégation était alors la meilleure occasion pour la Somaca de démontrer encore une fois que le taux d’intégration était bien supérieur à ce qu’ils estimaient. Face au pointillisme des Egyptiens, les responsables marocains ont sorti le grand jeu.

Une fois la visite des chaînes de montage terminée, la délégation a été conviée à voir les équipementiers locaux qui fournissaient les pièces de première monte pour la Logan. Pots d’échappement, sièges, ceintures de sécurité, filtres, pare-brise... « là aussi, ils ont pu constater que ces équipementiers n’étaient pas de petits ateliers artisanaux mais de vraies unités industrielles », explique-t-on auprès de Somaca.

Tout cela a-t-il convaincu les Egyptiens ? Les avis restent partagés. Hammad Kessal, président du conseil d’affaires maroco-égyptien et vice-président de la CGEM, se dit optimiste et estime que la partie est gagnée. En revanche, du côté de la Somaca, l’heure est à la prudence. « Ce n’est pas la première fois que les Egyptiens viennent voir le processus de fabrication...

Ils sont repartis sur une note positive, certes, mais nous ne serons fixés que quand il y aura un accord officiel », prévient un haut cadre de l’entreprise. Même son de cloche auprès du ministère de l’industrie. Auprès de ce dernier, on ne se fait pas trop d’illusions : « Les raisons du refus de l’Egypte de laisser entrer la Logan sont ailleurs ». Manière de dire que l’Egypte applique un protectionnisme déguisé à travers des barrières non-tarifaires.

Il faut savoir, en effet, qu’en Egypte il existe une douzaine de chaînes de montage aussi bien de voitures familiales qu’utilitaires, que les autorités du Caire cherchent naturellement à protéger. D’un autre côté, et comme l’explique un spécialiste de la question, il y a les rancœurs vis-à-vis du groupe Renault-Nissan pour avoir choisi d’implanter son unité au Maroc au lieu de l’Egypte. Le refus de laisser entrer la Logan serait, dans ce cas, une forme de représailles.

Dépassant toutes ces considérations, les autorités marocaines ont continué de tendre la main. Lors de la dernière visite de la délégation égyptienne, Somaca a ramené, spécialement pour l’occasion, tous les grands responsables des achats de Renault en Europe. Ces derniers avaient pour mission d’explorer les possibilités de s’approvisionner auprès d’équipementiers égyptiens. Une manière pour le Maroc d’expliquer que c’est un deal gagnant-gagnant.

« Nous avons donné toutes les garanties et c’est maintenant aux politiques de finaliser le pacte », conclut un membre de la direction de Somaca. Une rencontre est d’ailleurs prévue dans les jours qui viennent à Marseille entre les ministres du commerce extérieur marocain et égyptien qui, à moins d’une énième volte-face, devraient officialiser l’accord. Reste que, même après la signature de l’accord, « la montée en régime sera sans aucun doute progressive. Les Egyptiens chercheront à imposer des quotas au début », estime un connaisseur du dossier. Affaire à suivre.

Source : La vie éco - S. B.

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