Loubna Lafquiri, victime oubliée ? Son mari dénonce l’abandon des orphelins du 22 mars
Une décennie après la perte de son épouse lors des attentats de Bruxelles, Mohamed El Bachiri témoigne d’un quotidien toujours marqué par le traumatisme. Il dénonce l’absence cruelle d’accompagnement pour ses enfants, considérés comme des victimes indirectes.
Le 22 mars 2016, l’explosion à la station de métro Maelbeek a coûté la vie à Loubna Lafquiri, une professeure d’éducation physique de 34 ans. Ce matin-là, la jeune mère de famille d’origine marocaine avait déposé son benjamin à la crèche avant de prendre les transports en commun pour rejoindre son établissement scolaire.
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Son mari, alors conducteur de métro, était en congé. Comme l’indique La Libre, le père de famille a pressenti le drame en constatant que la dernière connexion téléphonique de son épouse correspondait exactement à l’heure de la déflagration.
La confirmation officielle du décès n’est intervenue que quarante-huit heures plus tard, prolongeant un cauchemar absolu. Aujourd’hui âgé de 45 ans, le veuf confesse souffrir d’une détresse chronique, avouant qu’il lui arrive encore de sombrer : « Par moments, c’est trop lourd, à vivre et à porter. »
Le père a dû élever seul ses trois garçons, aujourd’hui âgés de 19, 17 et 12 ans. Chacun a manifesté sa souffrance différemment à la suite de cette disparition brutale, entre le repli sur soi de l’aîné, la colère du cadet et le profond sentiment d’abandon ressenti par le plus jeune.
Face à ce profond désarroi, la famille s’est retrouvée isolée. Les séances privées de psychothérapie s’avérant financièrement inaccessibles, Mohamed El Bachiri a sollicité un service d’aide, qui lui a opposé un refus brutal au motif que ses fils n’étaient pas des victimes directes des attaques. « On a été livrés à nous-mêmes », déplore-t-il.
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Sans cette prise en charge institutionnelle, l’homme reconnaît que la situation aurait tourné à la catastrophe. Il a heureusement pu s’appuyer sur la présence constante et le soutien indéfectible de sa mère et de ses sœurs pour maintenir le cap et accompagner ses enfants dans cette épreuve.