Dix ans après les attentats de Bruxelles : Une rescapée rencontre Mohamed Abrini dans sa cellule
Dix ans après les attentats de Bruxelles, Christelle Giovannetti, rescapée de la station Maelbeek, a rencontré Mohamed Abrini en prison. Cette démarche de justice restauratrice vise à comprendre le parcours du terroriste, au-delà du verdict judiciaire.
Christelle Giovannetti a entamé un dialogue direct avec l’un des auteurs condamnés des attaques du 22 mars 2016, Mohamed Abrini, surnommé « l’homme au chapeau ». Cette démarche s’est concrétisée via l’ASBL Médiante et le collectif « Retissons du lien », après plusieurs mois d’une préparation rigoureuse.
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Selon SudInfo , l’objectif de cette rencontre n’était ni d’obtenir des excuses, ni d’accorder un pardon. Pour cette survivante, il s’agissait avant tout de comprendre la trajectoire de l’homme derrière la cellule et l’idéologie, sans jamais remettre en cause la décision de la justice belge.
La justice restauratrice au cœur du dialogue entre victime et condamné
Lors d’échanges qu’elle qualifie de « philosophiques », les deux interlocuteurs ont évoqué leur enfance et leurs environnements familiaux respectifs. Christelle a noté des points communs inattendus, comme la perte d’un frère ou d’une sœur, malgré des visions du monde qui ont radicalement divergé à l’âge adulte.
Condamné à 30 ans de réclusion pour sa participation aux attentats de Bruxelles et de Paris, Mohamed Abrini assumerait aujourd’hui la responsabilité de ses actes. Christelle décrit un homme cultivé, lisant énormément, qui semble avoir pris du recul et exprime désormais des remords par rapport à son itinéraire criminel.
Le processus reste strictement volontaire et n’influe pas sur l’exécution de la peine, un point crucial pour le détenu qui craignait que sa démarche soit perçue comme un calcul juridique. Pour la rescapée, se retrouver face à l’humain permet de dépasser la vision de « monstres complètement différents de nous ».
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Cette expérience a permis à la jeune femme d’atteindre une forme de paix intérieure dix ans après le drame de Maelbeek. Si le livre des attentats n’est pas définitivement fermé, elle confie que ce dialogue lui a permis de tourner une page essentielle de sa reconstruction personnelle.