Malgré les obstacles juridiques, la polygamie persiste au Maroc

- 08h30 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Alors que le gouvernement est en train de plancher sur une réforme du Code de la famille, le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire vient de publier son rapport sur la polygamie dans lequel on apprend que quelque 20 000 demandes pour un deuxième mariage ont été faites entre 2017 et 2021.

Le Code de la famille marocain, mis en place pour décourager la polygamie, impose des conditions strictes pour l’approbation d’un second mariage. Malgré ces mesures, le nombre de demandes a continué à croître, atteignant plus de 4 854 en 2021. Pourtant, le taux de refus de ces demandes dépasse 61,13 % sur la même période, reflétant le durcissement des procédures judiciaires.

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La complexité de l’obtention d’une autorisation pour un second mariage s’explique par les dispositions du Code de la famille. Celui-ci interdit la polygamie si l’injustice entre les deux épouses est à craindre ou si la première épouse a exprimé son refus dans l’acte de mariage. Les tribunaux marocains continuent de rendre leur verdict au cas par cas, s’efforçant de freiner la polygamie tout en respectant la volonté des citoyens.

L’octroi d’une autorisation pour un second mariage dépend également des ressources financières du mari, de sa capacité à subvenir aux besoins de deux familles et de fournir un logement équitable aux deux épouses. Les justifications couramment évoquées pour de telles demandes incluent l’infertilité ou les problèmes de santé de la première épouse, le refus d’une épouse résidant à l’étranger de revenir au Maroc, une relation extra-conjugale résultant en une grossesse, et enfin, la capacité financière du mari à gérer un second foyer.

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