Au Maroc, les banques changent mais le cash résiste

- 15h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

Les banques marocaines vivent une mutation profonde. Entre le retrait des acteurs internationaux, l’essor du digital et le poids persistant de l’argent liquide, le secteur de détail doit se réinventer pour affronter une nouvelle concurrence technologique.

Le paysage financier marocain connaît une véritable recomposition. Le départ progressif de certains établissements internationaux, particulièrement français, libère un espace stratégique majeur pour les groupes nationaux. Ces derniers consolident leurs positions et poursuivent leur expansion en Afrique, où ils comptent déjà 45 filiales, d’après les informations relayées par Le Matin. Mohammed Berrada, directeur Advisory chez KPMG au Maroc, juge que ce « tournant structurant » exige « une capacité accrue d’adaptation » pour doper la compétitivité et la proximité avec les clients.

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Sur le front technologique, des acteurs inédits bousculent les codes avec l’apparition de banques 100 % digitales et de solutions de paiement intégrées. Un paradoxe demeure cependant : la maturité numérique globale du pays ne se traduit pas encore par une véritable inclusion financière. Zineb Sefrioui, experte chez KPMG, avertit que « l’enjeu n’est plus uniquement technologique, mais stratégique ». Les enseignes doivent absolument transformer ces habitudes connectées en réels leviers de performance.

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Si le secteur repose sur des bases solides avec 93 établissements de crédit et 2 414 milliards de dirhams d’encours totaux, le défi de l’usage quotidien reste entier. Actuellement, 58 % des adultes possèdent un compte, mais celui-ci sert souvent uniquement à retirer son salaire. L’argent liquide règne encore en maître absolu, représentant 90 % des transactions avec près de 450 milliards de dirhams en circulation. Les banques doivent désormais stimuler l’utilisation des services digitaux tout en garantissant la sécurité et la rentabilité de leurs opérations.

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