MRE : vers la fin des commissions élevées sur les envois d’argent ?
La fintech britannique Revolut prépare activement son arrivée sur le marché marocain. En attente d’agrément, le leader aux 40 millions de clients mise sur la réduction des frais de transferts pour séduire les Marocains résidant à l’étranger.
Le projet est déjà sur les rails à Casablanca. Yacine Faqir, ancien cadre chez Mastercard passé par la Banque mondiale, pilote le dossier en tant que nouveau DG. Selon les informations de Challenge, l’entreprise est actuellement en discussion avec Bank Al-Maghrib pour obtenir le fameux sésame réglementaire indispensable à son lancement.
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L’enjeu est colossal pour les Marocains résidant à l’étranger (MRE). En 2024, ils ont envoyé plus de 117 milliards de dirhams vers le Royaume. Ces flux sont souvent amputés par des commissions élevées et des forfaits minimums, un segment sur lequel la néobanque compte s’imposer grâce à ses tarifs agressifs et son modèle digital.
L’expert en fintech Adnane Messaoud estime que cette arrivée pourrait « bousculer les banques avec ses services 100% digitaux » et son change au taux réel. La plateforme cible en priorité une clientèle connectée et la diaspora, déjà très familière avec l’application en Europe, ce qui en fait une menace pour les établissements classiques.
Toutefois, le chemin reste semé d’embûches. Le régulateur marocain est réputé pour ses exigences élevées : aucun nouvel agrément bancaire étranger n’a été délivré depuis une décennie. Des géants comme M-PESA ou Flutterwave ont déjà échoué à s’implanter après plusieurs années de tentatives infructueuses.
Le cadre législatif pose aussi question. La loi sur la protection des données, datant de 2009, pourrait freiner les ambitions technologiques du groupe, notamment concernant l’usage de l’intelligence artificielle. De plus, le secteur bancaire marocain est très concentré, avec cinq acteurs contrôlant 76 % du marché.
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Pour contourner ces obstacles, Revolut pourrait opter pour un partenariat avec une banque locale plutôt qu’une licence complète. Malgré ces défis, son installation est perçue comme un levier pour moderniser les services financiers et favoriser l’inclusion financière dans un pays qui compte déjà 18 établissements de paiement.