Comment le Maroc bloque la régularisation de ses propres ressortissants en Espagne
Le processus de régularisation extraordinaire des migrants en Espagne se heurte à un obstacle majeur : la difficulté d’obtenir les documents requis depuis les pays d’origine. Les ressortissants marocains figurent parmi les plus touchés par ces retards administratifs, qui compromettent directement leur accès au marché de l’emploi.
Selon la plateforme spécialisée Extranjería Clara, dont les propos sont relayés par l’agence de presse Europa Press, l’obtention de pièces maîtresses comme le casier judiciaire ou les certificats officiels conditionne fortement l’avancée des dossiers. Pour les demandeurs originaires du Maroc, ainsi que du Sénégal ou du Nigeria, l’organisation note de « plus grandes frictions ». Les démarches dépendent encore très largement de processus en présentiel, de l’intermédiation familiale ou de la gestion via les consulats. Ce manque de numérisation introduit de nombreuses variables et allonge considérablement les temps d’attente par rapport à des pays dotés de systèmes en ligne plus agiles.
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Guillermo J. Valderrábano, fondateur de la plateforme, dénonce une « inégalité réelle dans l’accès à la régularisation » selon le pays d’origine. Ces lenteurs ne sont pas de simples désagréments bureaucratiques : elles ont des conséquences directes et dramatiques sur le quotidien des migrants. Les entreprises, qui ont des besoins immédiats en main-d’œuvre, ne peuvent se permettre de patienter des semaines ou des mois et finissent par annuler les processus d’embauche. Les travailleurs se retrouvent alors enfermés dans un cercle vicieux : sans permis de séjour, ils ne peuvent signer de contrat, mais les retards documentaires les empêchent d’obtenir ce permis à temps pour travailler.
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À l’échelle nationale, l’enjeu économique de ces blocages est colossal. Extranjería Clara estime que si l’on prend pour base 500 000 régularisations potentielles liées à des emplois rémunérés au salaire minimum (environ 17 000 euros annuels), le volume d’activité économique paralysé par ces goulots d’étranglement administratifs dépasse les 8,5 milliards d’euros.