Nouveaux contrôles en Espagne : la panique gagne les MRE
L’édition 2026 de l’opération Marhaba introduit des contrôles biométriques aux frontières. Une nouveauté qui suscite de vives inquiétudes au sein de la diaspora marocaine, redoutant le retour d’interminables files d’attente lors des traversées estivales.
Du 15 juin au 15 septembre, le transit estival entre l’Espagne et le Maroc sera marqué par l’expérimentation du nouveau système européen d’entrée et de sortie (EES). Ce dispositif automatisé remplacera progressivement le tampon manuel des passeports par une reconnaissance faciale et une vérification des empreintes digitales. Cette transition numérique provoque des craintes grandissantes chez les Marocains résidant à l’étranger (MRE), principaux usagers de ces infrastructures. Ces derniers redoutent des lenteurs administratives et des pannes informatiques qui pourraient paralyser des points de passage sous haute tension comme Algésiras, Tarifa ou le poste frontalier de Sebta, déjà marqués par le passé par de longues heures d’attente lors d’essais techniques.
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Face à ces inquiétudes, le ministère de l’Intérieur espagnol, qui a validé le dispositif vendredi lors d’une réunion présidée par Susana Crisóstomo, garantit un voyage « confortable, fluide et sûr ». Ce nouveau modèle européen a pour but de renforcer la sécurité, de détecter les séjours irréguliers et, à terme, d’accélérer les flux. La directrice générale de la Protection civile espagnole, Virginia Barcones, a d’ailleurs rappelé que cette gestion constitue un « défi annuel colossal et complexe ». Les autorités comptent s’appuyer sur une analyse en temps réel du trafic, des conditions météorologiques et des incidents de dernière minute pour fluidifier les déplacements.
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L’enjeu est de taille pour cette année 2026, où une affluence record est attendue. L’Espagne prévoit une hausse de 3 % de la fréquentation par rapport à 2025, édition qui avait déjà vu transiter 3,5 millions de MRE et plus de 800 000 véhicules. Pour gérer ce volume, le plan prévoit une coordination stricte de la flotte maritime et des capacités sur les neuf ports mobilisés. Si l’objectif affiché de cette numérisation est d’anticiper les dysfonctionnements et de réduire les files d’attente lors des jours de forte affluence, le succès de l’opération reposera, selon les acteurs du secteur, exclusivement sur la robustesse et la rapidité de traitement de ces nouvelles bases de données.